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Etudes / Studies / دراسات

Remise en question et petits choix foireux …

J’ai laissé le master de traduction littéraire, trop théorisant à mon goût, pour reprendre un master 2 classique de langue étrangère (arabe, bien évidemment), et la condition de ce changement était de choisir un sujet de mémoire … En trois jours. Evidemment, ça a donné n’importe quoi, parce que je n’ai pas réfléchi, et je me suis retrouvée en littérature moderne. Alors que sur le plan de la recherche, c’est le médiéval et l’islamologie qui m’intéressent.

Mais je venais de lire un livre intriguant, un roman yéménite écrit par une femme, bien violent, bien lourd, bien cru (qu’on n’aille pas me parler de «tabous» dans la littérature arabe, ça me fait bien rire), et un de nos profs donnait des cours passionnants sur la littérature moderne, domaine qui ne m’avait jamais intéressé.

Je veux dire par là que si j’ai toujours dévoré les romans (et donc, depuis deux ou trois ans, la majorité de ceux que je lis sont en arabe), étudier et théoriser sur les livres est une activité à laquelle je n’ai jamais réussi à trouver d’intérêt. Les seuls ouvrages théoriques concernant la littérature qui m’intéressaient avaient plus à voir avec d’autres domaines (sociologie, anthropologie, histoire) que celui de la littérature «pure». Pour ça, les cours du lycée me suffisaient.

Idée renforcée lors de mes études à Lyon, lorsque notre professeur de littérature moderne nous disait qu’il fallait oublier l’auteur et le contexte, que seul le texte en lui-même était important. Ca m’a paru ahurissant. Peut-être peut on apprécier un texte en lui-même, mais l’étudier et le comprendre sans le contexte, sans chercher à rien savoir de l’auteur ? (Qu’on ne sache rien sur Homère c’est une chose, mais si on a la chance d’en savoir plus, pourquoi s’en priver volontairement ?)

J’avais pris donc la décision de ne jamais me mêler de littérature moderne. Mais cette année, à Paris, nos profs m’ont apparu moins catégoriques, et il m’a semblé presque pouvoir m’occuper du contexte, à propos de ce roman yéménite. Mais il semblerait, finalement, qu’il n’occuperait qu’une marge marginale dans le mémoire, et me revoilà donc au pied du mur : la masturbation intellectuelle que je croise dans tous les ouvrages de théorie littéraire qu’on me propose me pose un gros problème. J’ai du mal à les comprendre, et il me sera impossible de les utiliser. (Peut-être suis-je simplement bête et je manque de sensibilité, mais il n’y a rien à faire, Pierre Bourdieu me fait plus délirer que Gérard Genette … Je sais maintenant pourquoi j’ai attaqué la fac avec une licence d’anthropologie et pas de littérature).

Je n’ai pas l’intelligence dans l’abstraction que certain(e)s de mes ami(e)s ont, il me faut du temps pour digérer les philosophes et les théoriciens, les rares fois où j’ai le courage d’ouvrir leurs bouqins. Je pourrais fournir l’effort si la motivation était là. Mais elle n’y est pas.

Autre constat : je pensais, en reprenant un master classique de langue, faire beaucoup de cours de langue. Grosse erreur. Master 2, c’est la recherche (j’ai pris option recherche, et non pas enseignement), et ça se fait en français. Décidément, si je veux de la langue, il va falloir aller voir ailleurs. Les cours de l’université de Yarmouk en Jordanie me manquent …

Bref, ne choisissez pas votre mémoire en 3 jours, ça n’a rien de concluant sur le long terme. J’aurais dû rester à mes vieilles lubies, pour lesquelles, au moins, je savais apprécier les ouvrages théoriques même les plus ardus. Mais je ne m’en sentais pas capable, pas assez douée en langue ou en théorie … Résultat, toujours aussi pas douée, je me retrouve dans un domaine qui m’intéresse moins, dont la pertinence ne m’a pas encore sauté aux yeux.

Conseil donc : même si ne vous en sentez pas capables, choisissez un domaine de recherche qui vous botte depuis longtemps, à l’université la motivation est l’essentiel, pas le talent …

Mais il faut ajouter, comme me l’a répété plusieurs fois une amie à moi qui se débat dans la préparation de sa thèse, qu’un mémoire, ce n’est jamais que cela, un mémoire. Une affaire de quelques mois, pas un choix de vie !

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À propos de Luisa Noor

Graduate Student, Middle East fan ( yes, it does exist, and it's not even a sickness ), languages fan, traveller, future social anthropologist/ film-maker/ writer ... Etudiante, fan du moyen orient ( ben oui, ça existe aussi ), fan de langues, voyageuse, future anthropologue / réalisatrice / écrivain ...

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