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Méthodes pour apprendre l’arabe (ou toute autre langue), 1ère partie

      Voilà une liste non-exhaustive des méthodes de langues pour l’arabe qui ont croisé mon chemin, «méthode» à prendre dans les sens large du terme, c’est-à-dire n’importe quoi qui ait pu me faire apprendre l’arabe. Et qui continue de le faire …

      La meilleure méthode étant, comme on le dit toujours, celle qui nous convient le mieux selon notre caractère et nos dispositions matérielles. Mais une chose certaine est qu’il vaut mieux en combiner le plus possible. Ou mieux : commencer avec une en particulier, pour ne pas prendre peur, et acquérir quelques bases stables, avant de passer à un système «multi-méthode» où chacune aura sa façon d’expliquer. C’est pour cela qu’il vaut mieux, dans les premiers mois, se tenir à une seule méthode (en essayer plusieurs si l’une ou l’autre ne conviennent pas). Cette méthode aura sa propre façon d’expliquer (quitte à raffiner ou la remettre en cause par la suite), et faire quelques mois avec elle seule est mieux que de partir sur plusieurs à la fois, et se retrouver submergé et paumé. Mais une fois les bases acquises, il faut absolument en attaquer plusieurs … Elargir l’horizon.

(Liste susceptible d’être mise à jour)

Méthode Assimil : Méthode assez incontournable de façon générale pour beaucoup de langues … Si les dialogues peuvent paraître surfaits (en arabe, pas dans les autres langues, puisque c’est l’arabe classique qui est proposé et non pas le dialectal de tous les jours – je reviendrai sur ce problème qui n’en est pas un*), c’est pour moi, à ce jour, la porte d’entrée la plus facile et la moins effrayante dans cette langue qu’on catalogue trop vite comme difficile.

Grâce à la petite année de méthode Assimil, dont j’ai suivi scrupuleusement les instructions (c’est là que réside, je pense, le génie de la méthode : la principale consigne est qu’il faut en faire tous les jours, même si ce n’est que 5 min, et ne jamais déroger à cette règle). Je faisais même un peu de zèle, à recopier plusieurs fois les leçons pour m’habituer aux lettres arabes.

Les leçons sont courtes, ce qui psychologiquement aide à avancer, pas de gros blocs à avaler comme la plupart des méthodes classiques, pas de choses sans fin. Les exercices permettent de faire travailler la mémoire en douceur, c’est progressif, on apprend l’alphabet sans même trop s’en rendre compte. Ce qui est en cela mieux que les méthodes classiques qui font apprendre tout l’alphabet d’un coup avec chacune des 2 ou 3 formes de chaque lettre : on est plus perdus qu’autre chose, alors que l’Assimil progresse mot par mot, lettre par lettre, et on arrive au bout d’une vingtaine ou trentaine petites leçons et on se rend compte qu’on maîtrise tout l’alphabet. De plus la progression fait qu’on ne les mélange pas entre elles, car on a eu le temps de répéter, à travers des mots concrets, le son auxquelles elles correspondent, et on ne patauge pas à essayer de différencier telle ou telle lettre comme c’est souvent le cas pour les débutants.

Bref, tout est accompagné d’explications suffisamment complètes pour que, un an plus tard, sans rien d’autre que cette méthode (sans les CD d’accompagnement même), j’ai réussi à atteindre une prononciation et une lecture aussi bonne, voire quelques fois meilleure, que les autres élèves de la fac de langue que j’avais rejoint et qui eux avaient étudié une année spéciale d’arabe à l’université comme préparation à la licence (souvent appelée « année 0 »). Et on peut ensuite aborder n’importe quelle autre méthode, ou cours à la fac, sans être paniqués, au contraire, les choses sont familières, et on avance tranquillement.

Cette méthode, ni aucune autre d’ailleurs, ne vous rendra bilingue, mais c’est pour moi la meilleure introduction au monde arabophone. Le bilinguisme ne vient que peu à peu, en accumulant les méthodes et le temps d’exposition à la langue …

Avantages : méthode peu chère (environ 20€) pour résultats satisfaisants, très efficace selon moi.

Plus chère si on prend les CD avec (60-80€) mais bon, je n’ai pas encore eu vraiment l’utilité des CD, mes peu de moyens me forçant à trouver d’autres solutions, mais si on peut se permettre, je les recommande, cela aide à avoir une idée des sons plus rapidement. A noter que pour toutes les langues que j’ai essayé avec Assimil, la prononciation sur les CD est lente, pour débutants, et ne convient pas pour quelqu’un qui connaît déjà la langue ou ses sons de manière générale (pour l’arabe, quelqu’un qui parle déjà un dialecte n’en a pas vraiment besoin).

Requiert : de l’auto-discipine (ou assez de motivation pour vouloir se discipliner à faire 5-30min de langue par jour par soi-même, sans dérogation … Même les jours de fêtes, je m’y collais au moins 5-10 min). Méthode déconseillée pour ceux qui ne peuvent se passer d’un prof pour les motiver et les obliger à ouvrir leurs livres … Mais il faut quand même essayer, même lorsqu’on croit que l’on a pas beaucoup d’auto-discipline !

Méthode La Fac (s’inscrire à l’université) : Si vous vivez dans l’une des villes qui proposent une licence d’arabe dans une université, c’est quand même à tenter, même si vous avez déjà un travail, ou un autre cursus. Il y a toujours la possibilité de s’inscrire en dispense d’assiduité et de travailler à la maison, même si cela, comme Assimil, demande un peu d’auto-discipline. Mais assister aux cours fait qu’on voit du monde, qu’on est confronté à différentes pédagogies (parfois folkloriques), à différentes motivations … (A noter que l’Inalco à Paris propose des cours du soir pour les salariés).

On dit que la meilleure licence est celle de l’Inalco, et de ce que j’ai pu en voir, c’est vrai, même si celle de Lyon 2 était aussi valable avant qu’il ne fusionnent avec Lyon 3 l’année dernière (suppression de l’année 0 entraînant une baisse du rythme et du niveau atteint au bout de la licence, ce qui est logique), et que j’entends également du bien de celle de Aix en provence. Il me semble que quelques autres villes en France la propose, à vérifier.

Avantage : Professeurs sous la main à la moindre question, échanges, contacts avec la scène culturelle « arabophile » à travers les professeurs et les élèves, etc … Et motivation entretenue par le fait de devoir aller en cours : on prend l’habitude d’avoir affaire à cette langue, et une fois que ce pli est pris, le principal de l’apprentissage est fait.

Requiert : une certaine dose de recul, d’humour et de philosophie. Parce que justement on est confronté à tout un tas d’éléments qui se rentrent dedans :

  • Le problème classique du «le prof est méchant donc à cause de lui je déteste la matière», avec quelques cas légendaires de professeurs aigris pour diverses raisons. Je ne citerai pas de noms, mais il faut alors surtout ne pas en tenir compte, et passer outre. Je me rappelle d’un qui m’avait clairement dit, après un piteux oral : «mais vous êtes nulle ! Faut faire quelque chose là …» Et deux ans après, peut-être m’ayant oubliée entre-temps, me disait que j’avais un excellent niveau.
  • Les élèves qui peuvent avoir des idées très arrêtées sur tout un tas de sujets, comme dans n’importe quelle fac. Tel aura telle idée catégorique sur ce qu’est l’arabe, ou son statut dans telle situation, tel autre ne décrochera pas un mot … (il faudrait peut être que je fasse un jour, pour l’humour, une typologie des élèves de classe d’arabe)
  • L’actualité qui est toujours très près, prête à surgir, et l’ambiance des cours peut ainsi être très changeante, mais aussi intéressante : je me rappelle de cette élève qui venait de perdre son père, tué par balle pendant la guerre de Lybie, ou cette autre élève, qui n’avait aucune nouvelles de sa famille en Syrie, ou de cet étudiant venant de Palestine et ne sachant pas si il pourrait y retourner un jour, ce prof qui était réfugié politique, ayant fuit la torture et la prison, ne pouvant remettre les pieds dans son pays … Bref, les cours parfois ressemblent à une plongée «dans l’autre côté du miroir», on apprend des choses qu’on n’apprendrait certainement pas autrement (et certainement pas aux JT de 20h).

Méthode Immersion : Je ne sais pas si on peut appeler ça une méthode, mais c’est un élément essentiel dans l’apprentissage d’une langue. Certains préconisent de se jeter dans le bain directement, d’autre non. Je suis plutôt du deuxième avis. On tire bien plus de bénéfices en ayant déjà acquis quelques bases lorsqu’on va faire un séjour dans le pays où la langue est parlée. Dans le cas de l’arabe il y a la dimension dialectale en plus. Il faut imaginer un étranger qui apprend le français académique et qui se retrouve à Marseille, dans le nord, en Alsace, ou en Bretagne … Il y a des accents et une façon de parler très particulière, même sans aller dans les langues régionales. C’est néanmoins du français. Pour des raisons que j’expliquerai plus loin, en commençant d’étudier l’arabe moderne (et classique), il vaut mieux attendre un peu avant de partir à l’aventure.

Il y a néanmoins beaucoup de centres linguistiques dans beaucoup de pays arabes, qui prennent en charge les étudiants de niveau débutant complet à avancé. (Tiens, une liste des centres que je connais serait aussi une bonne idée …) Et le fait d’être dans le pays même peut apporter une motivation supplémentaire.

Avantages : être dans le pays, plongés dans la culture correspondante à la langue. Donne une motivation immense, des belles expériences, un point de vue «interne».

Enorme avantage du dialecte : l’immersion est l’apprentissage le plus complet : cours d’arabe moderne/classique, entraînement avec la télé, les journaux et les livres, et dialecte à l’extérieur, lorsqu’on fait ses courses ou qu’on parle de la météo avec le boulanger. Le top du top étant de trouver un centre linguistique qui enseigne les deux : l’arabe moderne et le dialecte du pays. Avancées garanties …

Requiert : 1 – une haute dose de motivation et de résistance. Le fait d’apprendre une langue  en intensif (dans un centre, ce sera de l’ordre de plusieurs heures par jour en général, même si certains ont des formules «light» de 1 ou 2h par jour) est une activité fatigante, intense, demandant beaucoup d’énergie, et on sous-estime l’autre source possible de fatigue et de stress qui est d’être dans un pays étranger. Car les cours ne se terminent pas avec le rangement des livres dans le sac, mais continue, une fois dehors, confrontée à une culture qui peut paraître tout aussi familière qu’étrange, avec tout ce que cela peut impliquer de malentendus, de comportements sociaux mal interprétés, d’ajustements et d’adaptations. Combien de fois ai-je entendu des gens se plaindre de telle ou telle personne dans tel ou tel pays, alors que l’incompréhension aurait pu être facilement évitée avec un peu préparation … L’immersion précoce demande une bonne dose de recul anthropologique, de philosophie, et de curiosité. Et d’effort. Ce n’est pas des vacances, c’est un apprentissage, avec tout ce que cela contient de joies et de peines … J’ai vu beaucoup d’élèves se contenter d’analyser leur environnement selon leur clichés, ne cherchant pas à aller plus loin … Et donc absolument n’en rien tirer de bénéfique. L’immersion est une étape essentielle, mais très délicate. Une mauvaise expérience peut tout ruiner. Il faut alors se rappeler que les mauvaises expériences arrivent partout, y compris chez soi. Mais cela apporte aussi, et bien plus, beaucoup de beaux souvenirs …

2- De toujours se rappeler de se frotter à la langue le plus possible. Et cela veut dire ne pas rester tout son temps avec les autres élèves, à parler en anglais (ou français ou autre) entre soi, bien installés dans un café pour repos bien mérité après les cours. Il faut aller au café certes, mais surtout parler avec les gens qui y sont, ceux qui parlent la langue que vous voulez apprendre. C’est bon pour le moral de traîner un peu avec les autres élèves, vous passerez d’excellents moments, mais il ne faut pas oublier le pourquoi du séjour. Un truc à faire si on arrive pas à partir errer dans les rues seul(e) : y aller à deux, trois maximum. On est pas tout seul, mais on peut néanmoins s’entraîner à parler aux gens, et l’autre élève peut éventuellement aider dans les cas là, à se rappeler de mots que l’on a oublié.

Méthode immersion à la maison : Le meilleur exemple à ce jour est l’auteur du site AJATT (All Japanese All The Time, site en anglais), ou comment, en moins de deux ans, un américain qui n’y connaissait rien est devenu bilingue en japonais. Toutes ces méthodes sont bien entendues applicable à toutes les autres langues, y compris l’arabe. Principe : exposition maximale à la langue, sous toutes ses formes. C’est-à-dire qu’il mettait en place, de façon conscient et accélérée, ce qu’on fait naturellement pour apprendre notre langue maternelle : on entend des gens la parler, on fait des activités qu’on aime (combien de gens ont acquis des facilités en anglais grâce aux séries américaines, plus que par les cours ?) à travers cette langue. Donc il faut essayer de re-créer autant que possible cet environnement, même si on ne comprend rien: (un enfant qui apprend sa langue maternelle aussi ne comprend rien au début !

On peut accélérer le processus par des cours de grammaire ou des séances voulues d’apprentissage de la langue, mais le secret est surtout, par exemple, de mettre des séries ou des films dans la langue qui nous intéressent (en arabe, il vaut mieux cibler un seul dialecte au début, en général l’égyptien, très utilisé dans les films, ou les chaînes d’infos, en arabe classique, et si on aime pas les infos, regarder les séries historiques, toujours jouées en arabe classique), de lire des livres dans cette langue, même si là on ne comprend pas tout, c’est pas grave, il faut continuer, et se laisser porter, comme un enfant qui écoute les histoires avant d’aller au lit, il ne connaît pas tous les mots, ne va pas comprendre toutes les actions, mais ça l’intéresse, et il en redemande. Ecouter des chansons dans cette langue, etc … Et laisser son cerveau faire le travail de façon inconsciente.

Bref, pour plus de détail et de tuyaux précis, je ne peux que vous renvoyer à son site (peut-être ferai-je un article résumant la plupart de ses conseils, pour les irréductibles non-anglophones) … Et cette méthode, plus que n’importe quelle autre, montre qu’on assimile les choses par palier : pendant 4 mois vous n’aurez l’impression de ne faire aucun progrès aucun, et d’un jour à l’autre quasiment, vous comprenez d’un coup plein de choses. Et le lendemain aussi, et le surlendemain … C’est une progression par paliers, il ne faut pas s’attendre à une progression proportionnelle selon le schéma classique que l’on a d’un apprentissage.

Avantages : Moins d’effort que les méthodes classiques, même si à mon avis, et comme l’auteur du site AJATT le faisait lui même, sans quelques temps consacré à un apprentissage conscient de la langue et ses ressorts ou phrases clés, cela risque de prendre beaucoup de temps … Mais ce temps d’apprentissage classique dépasse par la demi-heure par jour, il faut que ça reste léger.

Mais la qualité est excellente : la confrontation à la langue sous toutes ses formes, pendant un certain temps (si vous pouvez vous mettre en mode intensif comme lui, en moins de deux ans c’est plié), donne la compréhension maximale, et la meilleure préparation à un véritable bilinguisme. En ce qui me concerne, si je ne suis pas encore bilingue, j’ai pu voir qu’en essayant de regarder des émissions et des séries en dialecte libanais à raison d’une demi heure par jour pendant un an, en supportant les moments de déprime à me dire «je n’y arriverai jamais, 3 mois que je regarde ça et je ne comprends pas un mot de plus qu’avant», j’ai réalisé, en démarrant ma deuxième année, que je comprenais 80% d’une nouvelle série que j’ai démarré, sans avoir rien fait de plus que d’habitude. Cette méthode demande donc de la patience, mais c’est un très bon système sur le long terme.

Requiert : de la patience. Un grande dose de patience, et surtout, de savoir sélectionner des choses qui nous intéressent. Surtout éviter le «je vais regarder/lire/faire ça, parce que ça fait bien/que c’est un classique/que untel m’a dit que c’était incontournable/que j’aurai l’air moins bête …». Au contraire : ne faire que des choses qui nous donne envie. Ne surtout pas se forcer à lire un classique si le roman rose bonbon là sur l’étagère vous fait plus envie … Et inversement. Si on se force sur la matière, c’est le début de la fin, et le dégoût assuré. Apprendre la langue est déjà un effort, il est donc fortement inutile d’en rajouter …

(Je ferai une suite à ce post, sinon ça sera bien trop long … ! A venir : méthode télé, méthodes des éditions Livre de Poche (grammaire active et pratique de base) et autres … et « ma journée typique »)

* On entend souvent parler de la «diglosie» du monde arabe : les gens ne parlent pas la même langue qu’ils écrivent et lisent. Certains sont pro-classique (langue écrite, et des médias), dénigrant complètement le dialecte (langue des activités quotidiennes, du marché), d’autres voudraient se débarrasser du classique et généraliser le classique à tous les niveaux. Et beaucoup d’étudiants se plaignent du «j’ai étudié l’arabe pendant 5 ans mais ça ne sert à rien, je ne sais même pas acheter du pain dans la rue !». (NB : arabe classique/littéral/moderne, sensiblement des synonymes, mais les nuances sont : classique = arabe coranique et des textes classiques, moderne= arabe des journaux, de la télé, littéral= … Un peu les deux ?)

A tout ça, plusieurs réponses :

  • l’argument de la baguette, dû à ce que j’appelle l’«Effet Shakespeare», et sur lequel j’écrirai un article à part, il est invalidé par le fait que ce n’est pas propre à l’arabe, c’est propre à absolument toutes les langues, tant qu’elles sont enseignées telles qu’elles le sont : on bosse les textes classiques, mais personne ne nous apprend à dire «et ça, c’est combien ?». J’ai mis six mois à comprendre et parler avec les vendeurs en Australie, et j’ai mis six mois à faire la même chose en Jordanie … Et franchement, si un bushmen australien, un écossais, un irlandais, un américain du texas se retrouvaint dans une même pièce… Ils ne se comprendrons pas vraiment dès le début, mais pourtant, ils parlent la même langue officiellement, l’anglais. Eh bien, pareil pour l’arabe. La différence est que dans les pays arabes, les gens n’ont pas accès à l’éducation aussi facilement que dans les pays anglo-saxons (et si ils y ont accès, l’apprentissage est parfois plus que désuet), donc hors des grandes villes, la langue standard n’est pas comprise par tous. Mais bonne nouvelle : la plupart vivent dans des villes !
  • L’arabe n’est pas tant une bataille du Classique VS Dialecte qu’une langue unie mais tellement riche qu’on en perd l’horizon : l’arabe est une langue qui a un éventail allant du classique (langue du Coran) au dialecte (pour demander son pain) en passant par le moderne (langue des journaux, de l’université, etc) et entre ces trois, les gens voyagent, et font des mix, du moderne parsemé de dialecte, ou de classique, du dialecte parsemé de moderne, une déclamation en classique là au milieu … Le problème vient plus de la façon dont il est enseigné : à part à l’Inalco, on n’apprend, en France, que le classique. C’est la base, mais il manque tout de même quelque chose. Quant à apprendre le dialecte tout seul, c’est se couper de 14 siècles d’histoire et de littérature, et de tout le reste (les infos, les journaux … Même si certains sont en dialecte, ils sont peu nombreux). Je ne le conseille pas. Lorsqu’on a la chance d’avoir une langue qui permet d’aller si loin, il est bête de l’amputer. Un dialecte apporte une particularité, une couleur, un petite reconnaissance «entre soi», une familiarité dans la mer du monde arabo-musulman, et le classique permet de se connecter avec les 21 autres pays arabes, le reste du monde et les 14 siècles d’histoire. Pourquoi faire l’un sans l’autre quand on peut avoir les deux ?
  • Commencer l’apprentissage par le classique, et ensuite rajouter un dialecte, et pourquoi est-ce une bonne idée : je n’ai étudié que le classique pendant 3 ans, et j’ai commencé d’apprendre un dialecte sur le tas, puis avec quelques méthodes ici et là. Le dialecte s’avale tout seul, lorsqu’on a les bases du classique : on fait le lien tout de suite entre les mots dialectaux et l’arabe classique, liens plus ou moins évidents parfois, avec toujours un petite adaptation certes, mais les exceptions sont considérablement réduites. Et surtout, cela nous aide, parfois, à comprendre d’autres dialectes que l’on ne connaissait pas : en lisant un roman yéménite où beaucoup de mots des dialogues étaient en dialecte, aucun problème. Je suis allée voir un film où certains acteurs parlaient en dialecte algérien (inconnu de moi à la base), et je me suis surprise, à la moitié du film, que je comprenais les trois quarts de ce qui était dit, mon cerveau faisait les comparaisons instinctives avec ses bases classiques. Comme pour quelqu’un qui apprend le français, il mettra un temps d’adaptation à comprendre le marseillais, mais il y arrivera … Peut être qu’apprendre le français en apprenant d’abord le marseillais est possible (et l’arabe avec d’abord le dialecte et ensuite le littéral), mais cela me paraît être une route plus longue. Autant prendre les raccourcis !
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À propos de Luisa Noor

Graduate Student, Middle East fan ( yes, it does exist, and it's not even a sickness ), languages fan, traveller, future social anthropologist/ film-maker/ writer ... Etudiante, fan du moyen orient ( ben oui, ça existe aussi ), fan de langues, voyageuse, future anthropologue / réalisatrice / écrivain ...

Discussion

19 réflexions sur “Méthodes pour apprendre l’arabe (ou toute autre langue), 1ère partie

  1. Hello !

    Tout d’abord chapeau pour ton parcours et ta motivation, c’est super ! 😀

    J’suis un gars de 22 ans et je suis d’origine tunisienne, malheureusement mise à part une compréhension très (très !) globale je ne parle absolument pas l’arabe, ce qui m’a toujours un peu manqué. Cette année, je me suis enfin motivé à me bouger et à m’intéresser de prés à l’arabe. Te lire m’a vraiment motivé et je t’en remercie ! 🙂

    Ce que je compte faire c’est la méthode assimil de façon régulière (une demi heure au minimum par jour), deux heures de cours d’arabe par semaine pour m’aiguiller dans ma prononciation, écriture, etc… A cela je compte ajouter l’aide de ma copine qui est marocaine et évidemment de mon père tunisien. Et si tout se passe bien, je pars l’été prochain dans ma famille et suivre un mois de cours d’arabe intensif. J’espère qu’après cela, je serais apte à bien me débrouiller ! 🙂

    Encore merci pour ton blog ! 🙂

    Publié par Miles | juillet 20, 2013, 18:19
    • Salut !

      Merci pour ton message ! C’est toujours bien de savoir que ce que j’écris peut servir à quelque chose, ne serait-ce qu’encourager la motivation des gens …
      Ton programme d’apprentissage me paraît nickel, tu vas vite faire des progrès … Et avoir l’élément « copine + père » qui parle la langue que tu veux apprendre, c’est un énorme plus que je n’ai pas, ça vaut toutes les séries télé du monde pour apprendre une langue ! Même si le dialecte marocain est un peu différent du dialecte tunisien, ça reste dans la même « région dialectale », donc tu pourras faire des comparaisons entre les expressions équivalentes de chaque pays, etc, ça peut être très intéressant …
      En tous cas bon courage et amuse toi bien avec tout ça, c’est le principal pour apprendre, s’amuser !

      Publié par futuremutarjama | juillet 22, 2013, 06:36
  2. Salut,
    Dis moi que penses-tu de la Méthode de Médine? Est ce aussi bien que la Méthode Assimil, moins bien?

    Publié par sarah | juillet 28, 2013, 16:56
    • Salut,

      A vrai dire je connais très peu cette méthode, d’autant qu’il me semble que différentes méthodes essaient de se faire passer par le nom là … S’il s’agit bien de celle à laquelle je pense, c’est une méthode façon « arabe enseigné par l’arabe au non-arabophones » comme on le fait pour les cours de français-langue-étrangère dans d’autres pays, et comme le font beaucoup de centres d’apprentissage de l’arabe dans les pays arabes. Cela me semble donc très bien, voire bien mieux que beaucoup d’autres, à condition d’avoir un professeur … Si on est tout seul et complètement non-arabophone, il vaut mieux commencer par quelque chose comme la méthode Assimil, ou n’importe laquelle qui explique les bases de prononciation, d’écriture et de grammaire en français, pour ensuite aborder ces méthodes « unilingues » tout seul sans trop avoir peur. Mais si tu as déjà des bases en arabe, alors cela ne devrait pas trop poser de problème …

      Publié par futuremutarjama | août 1, 2013, 02:02
  3. Bonjour,

    Je voulais vous poser une question, vu que vous avez étudié la méthode assimil Arabe sans peine premier niveau : est-ce qu’à l’issue de ce livre l’on est capable de formuler des phrases basiques de la vie de tous les jours, pouvoir communiquer à la maison, dans la rue etc. même avec des phrases simples ? Mon objectif est d’acquérir rapidement un niveau me permettant de parler avec des phrases basiques en famille, mais au moins pouvoir communiquer dans la vie de tous les jours, et ce en Arabe littéraire.

    J’hésite encore à me lancer sur cette méthode, ou alors plutôt sur al ‘arabiyyatou bayna yadayyk.

    Merci.

    Publié par Ibnou Aïssa | décembre 19, 2013, 21:15
    • Bonsoir !
      Je ne connais pas du tout la deuxième méthode mais je pense que le mieux est encore de combiner les deux … Avoir deux approches différentes permet souvent de comprendre certains mécanismes de la langue plus vite, et de comprendre l’utilisation d’expressions courantes dans différents contextes.
      Ceci dit la méthode Assimil suffit pour pouvoir construire des phrases simples, mais rien ne vaut l’habitude : lire et relire les expressions et les phrases jusqu’à les savoir d’instinct.
      Mais la méthode Assimil sans peine ne donne pas de phrases de la vie de tous les jours de façon particulière, c’est plus axé sur l’apprentissage de la langue sur le long terme. Donc pour la vie de tous les jours il vaut mieux peut-être prendre – en plus – le petit livret Assimil « Guide de conversation » (c’est très facile à trouver, et ils l’ont édité pour l’arabe classique autant que pour les dialectes si je ne me trompe), où les phrases utiles pour la vie de tous les jours sont rassemblées. C’est je pense un bon complément (à la méthode Assimil sans peine ou à la deuxième que vous avez mentionnée), quand on veut pouvoir utiliser la langue très vite sans attendre plusieurs mois d’apprentissage intensif …

      En espérant que ma réponse aura été utile !

      Publié par futuremutarjama | décembre 19, 2013, 23:00
  4. Bonjour,

    Merci pour votre réponse.

    Je me permets de vous donner plus de détails sur mon objectif à court terme : j’aimerai dans un premier temps étudier une méthode pendant quelques mois (par exemple 6 mois) afin de pouvoir construire de moi même des phrases simples de la vie de tous les jours, en gros, avoir une communication basique en Arabe littéraire. Je précise littéraire car je parle déjà le dialectale, mais cela est différent. Puis par la suite poursuivre l’étude de la langue Arabe de manière très poussée inchaa Allaah.

    On étudie avec cette méthode des phrases toutes faites en effet, et je me demande si à l’issue de celle-ci, la personne est capable de formuler des phrases avec tout le vocabulaire et les notions qu’elle aura acquises ? Ce sera surtout pour un usage familiale dans la vie de tous les jours, afin de se sensibiliser à la langue Arabe dans un premier temps.

    Une deuxième question : pouvez-vous nous expliquer quel niveau avez-vous atteint à la fin de la méthode ? Je parle de la compréhension orale, écrite et aussi de la communication.

    Merci.

    Publié par Ibnou Aïssa | décembre 20, 2013, 10:39
    • Bonjour !

      Je pense qu’étudier la méthode pendant 6 mois est faisable, c’est ce que j’ai fait à raison d’une demi-heure ou une heure par jour. Et comme vous maîtrisez déjà un dialecte, ce sera d’autant plus facile que les sons et les constructions ne vous paraîtrons pas complètement bizarres comme pour moi! Pour les phrases de la vie de tous les jours, je pense qu’il faut vraiment coupler une méthode de base avec un livret du genre « phrases pour le voyage », mais la méthode de base explique bien les différents mécanismes qui eux vous serviront à fabriquer vos propres phrases, à partir du vocabulaire acquis …
      Je dirais qu’il faut non seulement presque retenir les phrases qu’on étudie par coeur (je dis « presque » parce que retenir des choses par coeur sans les comprendre ne sert bien sûr pas à grand chose), mais surtout, il faut retenir les mécanismes expliqués dans les marges, etc.
      C’est ce que j’ai fait, j’ai étudié la méthode Assimil et une autre ensuite, en fournissant plus de « travail » que demandé, c’est à dire, en plus des exercices, j’ai lu et relu les notes, les marges, en recopiant les mots plusieurs fois pour les retenir (j’ai aussi entendu parler de la méthode « post-it » : recopier un mot sur un post-it et le coller sur l’objet correspondant dans la maison, pour revoir le mot à chaque fois qu’on utilise l’objet ou qu’on passe devant …).
      En tous cas à la fin de la méthode, j’avais acquis la capacité de lire (lentement certes, mais c’est juste une question d’entraînement) tout ce que je voulais, y compris sans les voyelles. J’arrivais à lire le bandeau défilant d’infos sur la chaîne al Jazeera, même si je ne comprenais pas grand chose du fait que je n’avais pas assez de vocabulaire. Au niveau de l’écrit, pas de problème non plus, puisque j’avais pris la peine de recopier plusieurs fois tous les mots. Au niveau de la communication, je me forçais à lire à voix haute pour m’entraîner sur la formation des sons, mais comme je n’avais aucun interlocuteur, je ne pourrais pas vous dire quel était mon niveau …
      Mais le résultat est que quand j’ai voulu aller à la fac pour étudier de façon approfondie la langue, on m’a fait sauter la première année d’initiation (dans les facs où ils mettent en place cette année « 0 »), et j’avais un bon niveau par rapport aux autres élèves … Et en tous cas les professeurs ne m’ont jamais fait de remarque sur ma prononciation.
      Pour ce qui est de la communication, étant très peu douée à l’oral, j’ai mis longtemps à être à l’aise avant de faire des phrases (par contre, à force de regarder les infos en arabe, la compréhension venait assez vite, puisque les mots se prononcent exactement comme ils s’écrivent), mais tout les dialectophones que je connais n’ont pas du tout ce problème là, la communication est ce qui semble être le plus facile pour eux !

      En tous cas je suis contente de voir les des gens veulent apprendre l’arabe classique, parce qu’ici au Liban où je termine mon master cette année, la mode est au français et à l’anglais, et l’arabe littéral est plutôt délaissé … Contrairement aux autres pays arabes que j’ai pu visiter, comme le Sultanat d’Oman ou la Jordanie, où les gens ne sont pas surpris si on leur parle en littéral (et peuvent répondre en littéral).

      En tous cas bon courage et tenez moi au courant de vos avancées ! (Et j’espère vous avoir donné des réponses satisfaisantes …)

      Publié par futuremutarjama | décembre 21, 2013, 11:02
      • Bonsoir,

        Merci pour toutes ces précisions. C’est beaucoup plus clair à présent.

        J’aimerai vous poser une question vu que vous êtes étudiante en langue Arabe : savez-vous où est-ce qu’il est possible d’étudier la langue Arabe et toutes ses Sciences de manière approfondie ? Je veux étudier cette langue sur de nombreuses années, voir toute ma vie inshâ Allâh. Je cherche donc les différents pays, endroits où cela est possible. Dans le passé l’Egypte était une destination réputée pour cela, mais vu la situation actuelle du pays, je ne peux pas y aller, de même pour la Syrie.

        Je vise vraiment un haut niveau et ne sais pas où cela est possible au jour d’aujourd’hui.

        Pouvez-vous vous renseigner si possible ? La même question pour le saint Coran et toutes ses Sciences.

        Je vous remercie.

        Publié par Ibnou Aïssa | décembre 22, 2013, 21:46
      • Bonjour !

        Je vais essayer de répondre à vos questions de manière satisfaisante mais j’avoue que je suis loin de connaître toutes les possibilités !
        Pour ce qui est d’apprendre la langue et ses sciences (grammaire, histoire, etc), les formation en université française sont bien, même s’il faut bien évidemment fournir du travail personnel pour compléter les cours qui ne sont que des « introductions ». Les meilleures sont l’Inalco à Paris, la Sorbonne Nouvelle (3) et Sorbonne 4, l’université d’Aix-Marseille et Lyon 2. Et par exemple passer la troisième année de licence de ces facs à l’étranger (Jordanie, Liban …) est très efficace : on a accès aux cours d’une université arabe. C’est ce que j’ai fait, en Jordanie, et je pouvais assister gratuitement à des cours en plus, dans les départements qui m’intéressaient (et donc on peut profiter d’assister à certains cours dans la faculté de sharia et sciences religieuses par exemple).
        Ou alors tenter une formation comme l’IFPO dont je parle dans mon dernier billet, qui est strictement linguistique comme es formations françaises, et assister à des cours plus axés sur la religion en dehors de cette formation comme le fait une amie à moi là bas (elle suit des cours du master de sciences religieuses de l’université islamique).

        Si vous voulez commencer directement un cursus à l’étranger, il est vrai qu’on peut faire difficilement mieux qu’Al Azhar pour ce qui est tant de la langue que des sciences religieuses … Et je pense que ce n’est pas impossible : les gens que je connais qui sont actuellement en Egypte ont moins de soucis que nous au Liban. Liban qui est une bonne idée mais il reste à voir comment se termine cette année, j’ai l’impression que c’est mal parti …
        Sinon la Jordanie est une bonne destination : les universités sont un peu chères mais très valables. Malheureusement les destinations classiques comme la Syrie et le Yémen sont hors portée …
        La Tunisie est il me semble une bonne alternative aussi (à la fois pour la langue et les sciences religieuses), mais pour ce qui est du Maghreb, je n’y connais pas grand chose.

        Mais puisque vous semblez motivée pour apprendre cette magnifique langue sur le long terme, je vous conseillerais presque de commencer une licence en France, avec une troisième année à l’étranger, ce qui vous laissera le temps de vous renseigner sur les différentes possibilités pour continuer vos études à l’étranger pour de bon, et avec un niveau qui vous permet d’en profiter à fond … Car de mon expérience, suivre des cours sur les sciences religieuses requiert un vocabulaire très complexe, et je n’aurais jamais compris les subtilités et les nuances sans ma licence d’arabe avant.
        Mais il est tout à fait possible de débuter directement à l’étranger, si vos moyens vous le permettent. Je vais continuer de me renseigner pour différentes formations et moyens de financement, et je vous tiendrai au courant !

        En tous cas bonne journée, (en espérant que ma réponse ait été utile)

        Publié par futuremutarjama | décembre 29, 2013, 10:37
  5. Salut je voulais savoir où je pourrais trouver des séries ou des films en arabe pas trop ennuyante ou des chaînes arabe merci d’avance

    Publié par maurad | avril 25, 2015, 08:40
    • Bonjour !
      Alors la première idée qui me vient est le site de replay de la MBC : shahidmbc.net (ou alors tapez shahid et MBC dans Google et ça devrait être le premier resultat). dans l’onglet « مسلسلات » vous devriez ensuite trouver votre bonheur, il y en a un peu pour tous les goûts.
      Il y a aussi la MTV (al murr TV) libanaise, qui a une liste de replay intéressante …

      sinon sur YouTube il y a pas mal de choses aussi, et j’essaierai de faire une liste dans la page « liens pour l’arabe » sur les vidéos et séries.

      j’avais aussi publié un post me semble-t-il sur une série Web saoudienne et une autre libanaise …

      En tous cas dès que j’ai une meilleure connexion (je suis actuellement au milieu du désert dans le sud de la Jordanie pour apprendre le dialecte local), je devrais pouvoir apporter une réponse plus complète et mieux ordonnée que cela !

      En attendant j’espère que vous trouvez quelque chose sur la MBC et la MTV !

      Publié par Luisa Noor | avril 26, 2015, 08:04
  6. Merci pour cette réponse très rapide malgré le lieu où vous vous trouvez bon séjour à vous je regarde ça et je vous tiens au courant

    Publié par maurad | avril 27, 2015, 09:10
  7. salut je voulais vous racontez mon parcours dans la langue arabe car je cherche désespérément des solutions pour pouvoir parler cette magnifique langue je vais peut être vous étonner mais depuis plus de 10 ans j’essaye d’apprendre mais sans succès .
    La question que vous devez vous poser c’est comment on peut étudier pendant autant de temps et ne pas parler une langue .
    Je pense que j’ai pris tous les mauvais chemins déjà autour de moi personne parle l,arabe à part le dialecte algerien
    donc aucune pratique orale ou très peu parce que quand vous essayez de parler le littéraire à une personne qui parle le dialectal il vous regarde un peu de travers .
    j’ai pris des cours d’arabe sans programme structuré
    ma motivation et grande mais je crois que je suis un sprinter , grande pendant 4 ,5 mois par an et puis elle chute à cause de peu de résultat après quand elle revient au bout de quelques mois je dois réapprendre 60% de ce que j’ai appris .
    Les méthodes j’ai fait tell me more , les tomes de médine , l’arabe langue vivante kitab alasassi……….
    mon niveau actuel j’écris je Lis correctement je traduis des textes pas trop compliqué la grammaire je me débrouille pas mal mais le gros point faible c’est quand je passe à l’oral alors c’est catastrophique .
    voilà je suis toujours motivé et j’espère pouvoir un jour parler l’arabe si vous avez quelques conseils je suis preneur merci d’avance

    Publié par maurad | avril 28, 2015, 19:35
    • Bonjour !

      A mon avis ce n’est pas du tout surprenant d’étudier quelque chose pendant longtemps sans avancer très vite, surtout si vous devez réapprendre régulièrement 60% de ce que vous avez appris !

      Il faut dans ce cas essayer de trouver une autre approche, une approche qui permette de minimiser les temps de décrochage … Mettre al jazeera en bruit de fond peut aider par exemple les jours ou on a pas le temps ni envie d’ouvrir un livre. (J’ai entendu parler dune technique consistant à essayer de repeter tout ce que dit la présentatrice autant que possible pour s’habituer au rythme et aux sons mais cela demande une grande concentration et ne pas avoir peur de bafouiller et d’avoir l’air un peu bête devant sa télé !).
      Mais un programme structuré serait peut être une bonne solution pour vous, puisque fréquenter un cours et des gens ayant la même motivation permet de « se serrer les coudes » dans les moments de découragement.
      Pour ce qui est de l’oral, je comprends votre problème, puisque c’est encore un peu le mien. En Jordanie les gens sont moins surpris par les gens qui parlent en classique (et souvent peuvent répondre) même si une connaissance de dialecte minimale est préférable (vous avez la une certaine chance de connaître déjà un dialecte !).
      Pour cela il ne me vient que deux solutions : des cours axés sur l’oral (cours privés ou inalco, en ce qui me concerne ce sont les cours de l’IFPO en privé qui m’ont fait avancer à pas de géant), ou alors des sites comme « italki » où il y a beaucoup de profs d’arabes de pays arabes habitués à ce genre de demande, et le gros avantage de ce genre de site est qu’on a l’avantage d’un programme structuré, mais qu’on est pas obligé de vivre à Paris pour y avoir accès … et les prix sont raisonnables.
      Il y a aussi la technique « du miroir » : se parler à soi même devant la glace ou essayer de décrire ce que l’on fait en arabe …

      Tout en sachant qu’un arabophone, sauf s’il est journaliste, professeur ou imam, n’utilisera que peu le classique à l’oral (d’où l’intérêt du dialecte) … et que la lecture et l’écoute assidue et approfondie apporte une certaine facilité pour le jour où l’on a besoin de le faire.
      J’ai aussi remarqué pendant mes voyages qu’apprendre des poésies ou des versets coraniques améliorant énormément les réflexes à l’oral…

      En tous cas faites tout ce que vous pouvez pour éviter l’ennui et la frustration, même si cela nécessite de regarder des dessins animés (souvent doublés en classique !) plutôt que dessins suivre une méthode « sérieuse », et d’en faire tous les jours ne serait-ce que 5 min.

      En tous cas tenez moi au courant de vos recherches et avancées, et si j’ai d’autres idées je vous tiendrai au courant !

      Bonne fin de journée,

      Publié par Luisa Noor | mai 17, 2015, 10:06
  8. Bonjour,
    Je voudrais savoir après avoir fini la méthode Assimil Arabe,vers quoi se tourner pour continuer l’apprentissage ? (Je ne peux pas m’inscrire en Fac, ni aller en immersion dans un pays arabe).
    Merci pour votre réponse.

    Publié par Smazal | décembre 14, 2015, 10:14
    • Bonjour,

      Après avoir fini la méthode Assimil, je suggérerais plusieurs choses, dont prendre une autre méthode : c’est ce que j’avais fait, et plutôt que d’avoir l’impression de repartir depuis le début, on consolide les acquis et on aborde les aspects linguistiques d’un autre point de vue. Personnellement j’avais utilisé « 40 leçons pour parler arabe », et cela m’avait beaucoup aidé.
      L’autre chose qui m’avait aidé est les livres bilingues (il y a de plus en plus de choix), ainsi que le site d’al jazeera pour l’apprentissage de l’arabe.
      Il ne faut pas non plus hésiter à utiliser internet : al jazeera en live ou tout autre chaîne d’information, ou des chaînes youtube … Même si on ne comprend pas grand chose au début, on essaie de lire ou entendre un mot par ci par là, et peu à peu le cerveau s’habitue à la langue et intègre du nouveau vocabulaire.
      Peut-être trouverez-vous quelques ressources dans la liste que j’ai commencé de faire ici et ici.
      Je suis moi-même hors du système universitaire maintenant, et surtout en Europe : les livres et internet sont clairement mes meilleurs outils. La difficulté étant de trouver suffisament de temps chaque jour pour se consacrer à la langue … Et un des secrets de l’apprentissage en devient d’autant plus important : sélectionnez des sujets qui vous intéressent ! Ne vous fatiguez pas sur des choses « qui font bien » mais qui dans le fond vous ennuie …

      J’espère avoir répondu à peu près à votre question … Bonne journée !

      Publié par Luisa Noor | décembre 18, 2015, 10:28
  9. Quid de la méthode 90 et de la méthode de l’Asiathèque (dont je crois me souvenir qu’elle contient des diacritiques un peu trop petits) ?

    Publié par SB | janvier 25, 2016, 18:08
    • Ce sont deux méthodes que je n’ai jamais utilisées … Mais il n’y a aucune raison qu’elles ne soient pas bonnes. Pour ce qui celle de l’asiathèque, avez-vous en tête celle écrite par Mr Deheuvels ? Si je me souviens bien, en la feuilletant, j’avais effectivement trouvé la police de caractères arabes un peu vieillote et pas très efficace. Mais les étudiants en licence de l’Inalco ont l’air de bien s’en sortir avec …

      Peut-être y-a-t il des lecteurs du blog qui pourront mieux vous renseignez ? (Appel ouvert 😉 ) !

      Publié par Luisa Noor | février 13, 2016, 22:08

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