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J’ai testé pour vous …

… L’immersion totale par le woofing. Du moins, c’était l’idée.

L’immersion totale est toujours un idéal, et on peut même l’atteindre sans bouger de chez soi (je suis tombée sur plusieurs exemples de ce type sur internet, j’en ferai un article un jour). Quant au woofing, moins connu, c’est le principe de travailler pour quelqu’un (généralement dans une ferme ou une coopérative) en échange du gîte et du couvert, et de la découverte culturelle. Ceux qui connaissent déjà le principe ont souvent en tête l’Amérique du Sud ou l’Irlande, très peu souvent le monde arabe … Je ne pensais pas moi-même que cela existait, jusqu’à une visite l’année dernière à Wadi Rum, le désert-star de Jordanie (où est passé le vrai Lawrence D’Arabie, et où le film du même nom a été en partie tourné). Dans les camps touristiques à l’intérieur de la zone protégée (et non pas les camps plus axés « tourisme de masse » à l’extérieur), j’avais rencontré une volontaire, présente pour quelques semaines, et dont les tâches étaient d’aider l’équipe à nettoyer les tentes et faire la vaisselle, en échange de rester autant qu’elle le voulait dans ce désert à couper le souffle.

Lorsque j’ai donc entendu parler des Aides au voyage pour des séjours linguistiques à l’Inalco (la plupart du temps attribués à des élèves suivants des écoles d’été ou des programmes courts de langues dans les pays de leur langue d’étude), j’ai tenté le tout pour le tout : je voulais depuis longtemps apprendre un dialecte bédouin (qui va de pair avec mon obsession des dialectes du Golfe), et voilà que l’occasion rêvée se présentait, pour peu qu’on m’aide financièrement au niveau du billet d’avion … Sur place, je n’aurais rien à dépenser. Je ne pensais pas que ce projet de woofing soit accepté (je dois pour cela remercier chaleureusement l’appui de mes professeurs cette année), d’autant plus qu’il était prévu pour le printemps (en pleine année universitaire) et non en été comme d’habitude. Mais la saison touristique jordanienne l’imposait … En été, il fait trop chaud, il n’y a plus de touristes. Et contre toute attente, j’ai obtenu une petite bourse !

Tourisme en scène :

Billet d’avion acheté donc au dernier moment, et la famille bédouine que j’avais contacté précédemment, dans le camp de laquelle j’étais restée 3 jours l’année précédente, m’a accueilli sans soucis … Bien que le tourisme, en un an, avait chuté de façon vertigineuse : au même moment l’année dernière, le camp était plein (40-50 personnes chaque jour), mais lorsque je suis arrivée cette année, lorsqu’il y avait 10-20 personnes par semaine, c’était le max. La Syrie, l’Irak, Daesh, le pilote jordanien mis à mort par ceux-ci et l’entrée de la Jordanie dans la coalition internationale contre Daesh ont eu raison de l’image de pays touristique sûr … Ce qui est dommage, car le pays est toujours aussi sûr et aussi beau, et les gens aussi gentils. Pour les quelques touristes qui tentaient leur chance cette année, ils auront eu le luxe de visiter Pétra quasi-déserte, par exemple … Touristes d’un autre genre du coup : fréquents étaient ceux qui venaient de visiter l’Iran (et qui m’ont sérieusement donné envie d’y aller) ou d’autres pays « à mauvaise presse », ou qui entreprenaient des voyages hors des sentiers battus. On était loin de l’esprit « club med » … Et moi qui avait toujours eu un à priori négatif sur l’univers du tourisme, j’ai découvert là un aspect très positif : la possibilité d’un dialogue avec des gens du monde entier, dialogue franc, ouvert, et positif. Si la plupart venaient avec les habituels préjugés, ils étaient également tout à fait disposés à entendre un point de vue différent, et comprendre les choses sous une autre perspective.

Quant au décor, ce qui était un de mes deux intérêts premiers (avec la langue), mes 40 jous n’auront pas suffi à me lasser. Désert magnifique, couleurs incroyables … Il me reste à revenir en hiver quand il y a de la neige partout (je n’y croyais pas jusqu’à ce qu’on m’ait montré des photos !).

Les camps eux se ressemblent : tentes sommaires et agréables, un croisement entre matériaux utilisés par les bédouins eux-mêmes pour les leurs avec les attentes de confort et critères des touristes. Dans le camp « pour touristes », ce sont les hommes qui travaillent (et font la cuisine), et les femmes restent au village (à l’entrée de la zone protégée du désert) pour s’occuper des enfants, des maisons, etc … Le peu de touristes m’a donc permis de vivre à la fois au camp (quand il y en avait) et au village (quand il n’y avait personne), et cela a été ma chance : vivre dans les deux mondes et voyager de l’un à l’autre, le monde des touristes et le monde du village.

Cette zone protégée est habitée par la même tribu (quelques milliers de personnes, qui représentent ce qu’on devrait plutôt appeler un clan, les Al Zalabiah, qui font eux-mêmes partie de la plus grande division, ou tribu, des Huwaitat, présents dans plusieurs pays à la fois). Ils vivent soit encore de façon nomade « à l’intérieur » (c’est ainsi qu’ils désignent le désert), soit dans le village, soit les deux, selon les occasions et les envies. Mais les choses ne changent pas toujours beaucoup : même dans les maisons du village, le jardin est occupé par une tente où les membres de la famille passent le plus clair de leur temps …

Vie bédouine soutenue par le gouvernement, par le tourisme (qui est la principale source de revenus, et comme le dit Michael Asher dans son excellent livre sur les bédouins du monde arabe, The last of the Bedu, les touristes sont les nouveaux troupeaux de Wadi Rum), et un peu de commerce de moutons, chèvres, chameaux … Bref, un bon bédouin est aussi un bon business man, quelque soit le domaine !

J’étais donc très curieuse de passer au delà de la vision orientaliste et les images d’Epinal de ce genre de lieu, ainsi que de la vision négative d’à peu près tout les arabes sédentaires et citadins à l’égard des bédouins … Et sans surprise, la vie d’un village bédouin est en essence à peu près la même chose que n’importe quel village sur terre, seuls le décor et les références changent.

L’adaptation pendant les premiers jours n’a pas été simple, mais celà pour des raisons complètement inattendues et hors du propos de cet article. Pour ce qui était des codes culturels, et de l’aspect social traditionnel, je me suis surprise à ne rencontrer aucune difficulté d’adaptation, contrairement à une autre volontaire que j’ai croisé plus tard dans le village. Mes voyages et mes lectures ont fait que je n’ai été surprise par rien, et qu’au contraire j’ai pu apprécier dès le premier soir des choses qui m’auraient paru complètement hors de portée il fut un temps … C’est un environnement très traditionnel, radicalement différent du contexte type d’une éducation citadine occidentale ou même orientale. Il faut donc y être préparé, je pense, pour vraiment apprécier ses dimensions. Mais pour qui a vécu dans la campagne française « old school », on retrouve très vite les mêmes méchanismes.

Cette expérience, hors de tout contexte familier tels que les cours de langues ou le campus universitaire que j’avais connu jusque là, a été la plus intense pour moi : pas de rôle préparé (« je suis élève à l’insitut Bidule ») ni de « guide » ou de conseiller (prof ou autre). J’arrivais seule sur un terrain quasi inconnu, en mode « anthropologue ». Un séjour que l’on pourrait résumer à la simple et complexe négociation d’un nouveau rôle temporaire, et de tout ce que cela implique : volontaire, aide, femme occidentale mais connaissant très bien les codes (et donc ne pouvant être classifiée facilement comme simple touriste), étrangère comprenant presque tout des conversations autour d’elle, etc … A bien des niveaux, j’ai vu que je perturbais les catégories mises en place et que les gens, locaux ou touristes, ne savaient pas toujours auquel des deux mondes j’appartenais vraiment (au final, ni à l’un ni à l’autre, mais me sentant à l’aise dans les deux).

Comme le notait l’autre volontaire que j’ai rencontré bien plus tard par hasard dans le village, c’est le genre d’expérience qui aide autant à en apprendre sur soi que sur les autres, au risque de paraître cliché. Elle a découvert pour sa part qu’elle n’était pas aussi adaptable qu’elle l’eût pensé, et très attachée à sa culture nord-européenne, tandis que j’ai découvert pour ma part que je pouvais réellement m’adapter à presque tout, et qu’au final je me sentais aussi bien là-bas que dans ma région natale. Si le premier cas de figure est plus fréquent, il n’en est pas plus « mauvais » que le deuxième, tout comme le deuxième n’est pas preuve d’un caractère plus faible que le premier, simplement ce genre d’aventure, de changement radical de contexte, nous fait très vite comprendre notre ordre de priorités, et ce qui nous paraît indispensable au quotidien, selon nos personnalités et aspirations.

Bref, passons l’épisode « aventure et développement personnel » pour passer à celui de la langue :

Du côté de la langue :

Pour ce qui est de la langue, il y a eu des hauts et des bas : le premier soir, alors que nous étions assis au coin du feu dans le camp, et que les touristes restaient entre eux pendant que je m’étais immiscée parmis les guides bédouins, je comprenais – ou j’avais l’impression de comprendre – presque tout. J’ai en tous cas compris trois conversations qui tournaient autour de trois sujets à références culturelles très spécifiques à la région (Jordanie et pays du Golfe). C’est là que j’ai compris d’ailleurs que même si les bédouins sont fièrement jordaniens, tout dans leur mode de vie et leurs références sont bien plus proches des pays du Golfe que des pays du Levant (le bilâd el-Sham, dans lequel on classe en général la Jordanie). Ou plutôt devrais-je dire, il y  a clairement une différence culturelle entre les populations arabes sédentaires/citadines et les bédouins (même sédentarisés ou partiellement sédentarisés). Je dirais même, par intuition, que ce que j’ai vu de la vie de village là bas, serait ce que la vie en Arabie Saoudite serait sans la version wahhabite de la religion.

Puis il y a eu des bas, dès le lendemain : perfectionniste sans répis que je suis, je me reprochais en permanence de ne pas pouvoir comprendre le moindre mot. Ce qui est bête et impossible : même dans ma langue natale j’ai ce problème. Il suffit que j’aille rendre visite à ma grand-mère dans son village pour me rendre compte que je ne comprends que la moitié de ce que raconte sa voisine.

Cela m’amène à discuter de ce qu’on appelle « parler couramment » (« fluency » en anglais). On s’imagine que parler couramment une langue c’est pouvoir lire une thèse de maths et tout comprendre, ou de lire un traité philosophique sans dictionnaire. Mais combien d’entre nous peuvent faire ces deux choses là en français ? (Pas moi en tous cas). Donc comment peut-on s’attendre à pouvoir le faire dans une autre langue (et tant qu’à faire d’un claquement de doigts) ? Parler couramment c’est atteindre le même niveau, ou presque, que notre niveau de langue maternel. Donc ne pas comprendre ce que raconte tel guide lorsqu’il parle de ses chameaux, c’est normal … Je ne comprendrais pas tellement plus facilement un agriculteur du village de ma grand-mère s’il parlait de ses vaches.

Ne pas tout comprendre du dialecte bédouin local m’a fait en revanche réaliser à quel point je comprenais le dialecte jordanien citadin (qui est une des variantes du dialecte levantin), lorsque je parlais avec des guides venus de Amman accompagnant des groupes, ce qui m’a fait chaud au coeur. Pour le dialecte bédouin j’ai tout de même réussi à voir une nette amélioration au bout de 40 jours, même si je n’étais pas exposée à la langue autant que je l’aurais voulu (je commencais enfin à socialiser et à être intégrée au bout de plusieurs semaines … Au moment de partir).

Un phénomène que j’ai trouvé rigolo était les changements de niveau de langue des gens dans mon interaction avec moi : mon « boss » (celui chez qui j’habitais), prenait un accent plus proche du dialecte des villes, avec même des mots plus utilisés dans le dialecte citadin, lorsqu’il me parlait, et re-switchait à un accent et des mots purement bédouins lorsqu’il s’adressait à ses frères ou amis. Cela m’avait d’abord énervé, puis ça m’a permis de faire un comparatif de vocabulaire et d’expressions … Et de lui rétorquer autant que possible en utilisant des mots de son dialecte. (Et ça aurait pu être pire : lorsqu’il avait la tête ailleurs, il me parlait carrément en anglais, du fait que je n’étais pas du village ni du pays, et il fallait que je le reprenne quelques fois).

D’autres, ne connaissant pas mon niveau en arabe, me parlaient tout simplement en arabe classique, ce qui n’était pas désagréable, à défaut de ne pas m’être d’une grande utilité dans mon apprentissage du dialecte ! Le plus drôle a été lors de la visite de ma soeur, qui ne parle pas un mot d’arabe : les gens lui parlaient lentement en arabe classique, comme si elle allait pouvoir comprendre mieux …

Quant à mon accent à moi, on m’a alternativement dit que j’avais l’accent libanais (normal après un an au Liban), et l’accent algérien, ce qui reste un mystère puisque je n’ai ni appris le dialecte algérien ni mis les pieds là-bas. Serait-ce parce que le dialecte algérien est entrecoupé de mots français, qu’ils assimilent mon accent français à ce dialecte ? L’un d’eux m’a dit que non, c’est parce que les maghrébins prononcent les lettres arabes distinctement lorsqu’ils parlent en classique, comme moi. Mystère … Mais j’ai réussi à attraper un accent suffisament jordanien, sinon bédouin, pour avoir perdu le réflexe de prononcer les « qâf » en « hamza » comme le fait le dialecte levantin généralement, et il sort maintenant en « g » automatiquement. On m’a souvent dit que parler comme un bédouin ou un villageois (« garawy » قروي) était moins distingué et moins sexy, surtout pour une fille, mais puisque là dessus je ne suis pas de l’avis de tout le monde, tant pis, je garde mon « gâf » !

Pour ce qui est de l’apprentissage des langues en général, mes intuitions ont été renforcées par cette expérience, et par des articles et des choses que je suis entrain de lire sur internet (par exemple les théories de S. Krashen ou bien ce livre-témoignage de Marvin Brown disponible ici, en anglais). Face à la théorie du « parler dès le début de l’apprentissage et poser plein de questions et faire des listes de vocabulaire, etc » telle que prônée par quelqu’un comme Benny Lewis de fluentin3months (dont j’ai tout de même apprécié le livre), la théorie du « ne rien dire, ne rien faire » pendant une longue période du début de l’apprentissage me plaît beaucoup plus. Peut-être parce qu’il correspond plus à ma personnalité aussi … Observer et absorber les sons, les mots, les phrases en contexte telles que prononcées par leurs locuteurs sans chercher à les interrompre à tout va pour essayer de tout comprendre tout de suite, bref, se laisser faire linguistiquement comme un enfant qui apprend sa langue maternelle. Il y a la version extrême (ne pas chercher à parler pendant les quelques premiers milliers d’heures d’apprentissage, ce qui peut durer quelques années), mais je suis plus proche de la version mixte : utiliser d’autres méthodes (écrites notamment), pour gagner du temps sans trop faire de dommages à cette approche dite « naturelle » de l’apprentissage des langues.

Donc cette théorie est : observer, écouter, lire, bref, comme je le dis depuis le début, faire tout ce qu’on ferait naturellement dans notre langue natale (il faut éviter la sensation de « travail » et de corvée à tout prix, il faut que cela reste un plaisir), le tout sans essayer de se prendre le chou avec des règles grammaticales et sans chercher à analyser ce qu’on voit et ce qu’on entend. Puis vient un moment où l’on comprend presque tout, et la parole vient alors naturellement, et avec la bonne prononciation (puisque le cerveau a eu le temps d’enregistrer ou comprendre intuitivement quels ordres donner au corps pour produire les sons corrects dans les situations adaptées).

Je sais que cette méthode peut paraître bizarre, c’est exactement l’inverse de ce qu’on apprend en classe, et on s’imagine en général que passer des heures à se faire souffrir sur des listes de vocabulaire ou des règles de grammaire est un passage obligé. Mais cela, je l’ai toujours soigneusement évité, autant que faire se peut, avec les deux langues que je maîtrise le plus, l’anglais et l’arabe. Je n’ai jamais pu tenir un carnet de vocabulaire plus de deux jours. Le truc le plus classique que j’ai pu faire était de réécrire 7 fois les nouveaux mots que j’apprenais pendant ma première année d’étude. Mais c’était pour le plaisir, je découvrais l’arabe et je ne me lassais pas de l’écrire (quant à l’anglais, c’était tout simplement pour ne pas se faire engueuler par la prof). Pour le reste, je lisais des livres que je voulais lire à tout prix, au point que me traîner le dico n’était pas une corvée, même si je devais regarder 15 fois le même mot parce que je l’oubliais d’une fois à l’autre. Pour le dialecte, je me suis branchée sur des séries dont je voulais vraiment savoir la suite. C’est comme ça qu’au Liban autant qu’en Jordanie, comparativement à la majorité des autres élèves, je comprenais presque tout ce qu’on me disait. J’aurais même pu accélérer le rythme si j’avais eu le temps, ou plus confiance en mes intuitions. Le résultat fut tout de même qu’en Jordanie, cette fois-ci, même si les secrets d’une selle de chameau m’échappaient, tout comme les conversations de telle personne qui parlait vraiment trop vite et avec un vocabulaire vraiment trop localisé ou encore certaines blagues, je n’ai eu aucun mal à comprendre la plupart des situations … Y compris certaines conversations incroyables où les gens n’avaient clairement pas conscience que je comprenais tout. S’il l’avait eu, il était clair qu’ils auraient fait plus attention !

Et c’est pour cela que deux mois étaient trop peu : au bout des premières semaines, passées à négocier ma place, à habituer les gens à ma présence, à leur faire admettre que je ne parlais pas beaucoup contrairement à beaucoup de touristes, bref, semaines passées à des choses plus humaines et sociales que purement linguistiques, un déclic s’était produit comme il se passe souvent dans l’apprentissage des langues. Après une longue période de stagnation (« mais pourquoi je ne pige toujours pas ce qu’il dit, lui ? »), d’un coup on comprend des blocs entiers supplémentaires de conversations sans raison apparente … Souvent précisément au moment où l’on est prêt à abandonner, où l’on se laisse faire, où on relâche la pression du « il faut que » (« il faut que je comprenne à tout prix, il faut que j’étudie, il faut que je note les expressions »). C’est à dire au moment où on est psychologiquement disposé à cette « approche naturelle » dont je viens de parler : on est détendu, on a rien à prouver, on écoute, on regarde, on vit normalement, en se disant « tant pis, advienne que pourra, de toutes façons c’est foutu, alors autant profiter de l’instant présent ». Et la langue rentre peu à peu, via les situations que l’on vit … Et la compréhension vient par paliers.

Je pense que cette méthode doit être légèrement adaptée à l’arabe sur certains points :

– Pour le dialecte : écoute massive de conversations, de séries, etc … Et s’arranger pour vivre des situations dans la langue cible. Une fois que l’on comprend à peu près tout (après quelques mois, ou quelques années), on se rend compte que peu à peu des expressions, des phrases, des mots, ressortent tout seuls dans la situation appropriée, et on est surpris d’avoir non seulement retenu ces mots-là, mais aussi de la bonne tonalité que l’on utilise pour les dire, et de la pertinence de la situation dans laquelle on le dit. La langue est devenue non pas apprise, mais instinctive. Au lieu de réfléchir en français à « comment est-ce que je traduis « ouvre la porte ! » en arabe déjà ? » et de chercher dans sa mémoire telle ou telle leçon ou liste de vocab’, l’expression sort toute seule sur le simple fait que notre intention est de faire comprendre à quelqu’un « ouvre la porte ». On a tellement entendu (en vrai, dans les séries, etc) cette expression prononcée en situation, que lorsqu’une situation similaire survient, l’expression arrive toute seule, comme elle le ferait pour la langue maternelle. Ca peut paraître un peu fou, mais cela m’est arrivé suffisamment de fois pour l’anglais et maintenant l’arabe pour que je vous le confirme …

– Pour la langue écrite / classique : on peut se droguer là aussi de télé avec les infos en continu, mais aussi les séries historiques où les personnages parlent toujours en arabe classique, sans parler des récitations du Coran … Mais il faut aussi s’exposer massivement à la principale source de la langue classique, c’est-à-dire l’écrit. Lire, lire, lire … Et les tournures du classique deviennent naturelles, et au bout d’un moment, on se découvre capable d’écrire pas trop mal. Les mots sortent tout seuls à leur bonne place. Ca m’arrive presque tout le temps maintenant.

Et le secret reste là, attention je vais radoter : au lieu de ne penser qu’à l’objectif (« être parfaitement bilingue »), il faut s’arranger pour aimer le chemin qui y mène (regarder telle série même si la moitié m’échappe pour l’instant). Et j’ai adoré le désert, et vivre dans ce milieu à la fois traditionnel et touristique. Cela aurait peut-être ennuyé beaucoup d’arabisants, mais c’était mon chemin idéal, et je réalise peu à peu à quel point même ce court séjour a porté ses fruits. L’idéal est vraiment de trouver un environnement qui nous laisse apprendre telle ou telle langue à notre rythme et avec les moyens et méthodes que l’on préfère, en se rapprochant autant que possible de l’immersion. Mon année en Australie avait été idéale, dans une famille d’accueil qui ne me demandait rien d’autre que d’être une ado normale (mais je devais donc l’être en anglais !). Et ces deux mois à Wadi Rum se rapprochaient clairement de ce schéma, plus adapté pour l’apprentissage du dialecte que tout les programmes du monde. (Pour ce qui est du classique, c’est bien sûr un peu différent … Des stages intensifs type IFPO aident pas mal, mais je connais des gens qui, menés par leur seule passion et sans sortir de France, on atteint un niveau en classique très impressionant).

Une preuve supplémentaire de tout ce que je raconte ici est deux américains que j’ai rencontré là bas, venus à Wadi rum, venus comme touristes : ils vivaient en Jordanie depuis plusieurs années pour leur travail. Mais au lieu de faire comme beaucoup trop d’expatriés et ne rester qu’entre expats, ils avaient noué des relations d’amitié avec des jordaniens, trainaient dans les cafés, etc … Lorsque je les ai rencontré à Wadi Rum, j’ai eu bien du mal à croire que c’était des américains « pure souche », tant leur arabe était parfait. Ce n’est qu’en entendant leur noms (aucune ascendance arabe) et leur anglais quand ils parlaient avec leurs petites amies américaines (pur accent américain) que je les ai cru. Quant à leur arabe, je n’avais jamais vu (ou plutôt entendu) ça de ma vie. Ils comprenaient absolument tout, dialecte citadin ou dialecte bédouin, ils n’avaient aucune hésitation, leur prononciation était parfaitement bluffante, et ils pouvaient parler des heures sur tous les sujets imaginables. Ils étaient bilingues jusque dans leur gestuelle … Et ils n’avaient étudié l’arabe qu’un ou deux an maximum, en plus de leur travail (qui n’avait rien à voir). Alors certes, j’aurais collé n’importe lequel des deux en lecture et écriture (puisque là réside mon intérêt principal, et donc mes talents), mais en dialecte, ils étaient bel et bien au top.

Donc conclusion de l’affaire Wadi Rum : deux mois, c’est presque ridicule, mais c’était le voyage que j’attendais depuis des années. Je vais maintenant tenter de renouveller l’expérience pour plus longtemps … Autrement dit, ce que je cherche à faire depuis des mois, sinon des années : trouver un travail en Jordanie ou dans un pays du Golfe et m’y installer, et faire exactement ce que ces deux américains ont fait. Faire de l’arabe quelque chose de si basique et primordial de ma vie (comme le sont le français et l’anglais en ce moment) que je pourrai passer au niveau supérieur : apprendre d’autres langues sans avoir peur de perdre mes acquis, maintenir un blog rien qu’en arabe, commencer une thèse, et plus tard enfin m’inscrire dans une école de cinéma (actuellement la New York Film School d’Abu Dhabi me vend du rêve) … A Wadi Rum, au bout des deux mois, j’étais à deux doigts de pouvoir réaliser ce stade, le stade ultime de l’arabisant obsédé, faire de langue un réflexe instinctif. Il me manquait simplement une raison financièrement valable (un boulot) qui me permettre de rester …

J’aurais encore beaucoup à dire de ce séjour, mais cet article commence à être un peu long, alors j’attends vos questions si vous en avez.

Bonne journée et bon ramadan à ceux qui sont concernés !

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À propos de Luisa Noor

Graduate Student, Middle East fan ( yes, it does exist, and it's not even a sickness ), languages fan, traveller, future social anthropologist/ film-maker/ writer ... Etudiante, fan du moyen orient ( ben oui, ça existe aussi ), fan de langues, voyageuse, future anthropologue / réalisatrice / écrivain ...

Discussion

12 réflexions sur “J’ai testé pour vous …

  1. Passionnant ! Comme toujours. Merci infiniment d’avoir partagé votre expérience. Ce qui m’a le plus frappé en Jordanie c’est une certaine ségrégation mentale dans les villes entre l’élément d’origine bédouine et l’élément d’origine palestinienne. A ajouter à la séculaire opposition bédouin/citadin…

    Côté langue, vous parlez de séries historiques en arabe classique. Auriez-vous des exemples pertinents ? Cela m’intéresserait beaucoup ! De fait les chaines arabes d’information sont en arabe littéral mais je me demandais : les entretiens sur les plateaux, les émissions de débats, bref tout ce qui n’est pas reportage se fait-il aussi en arabe littéral ?

    Publié par El Slimane | juillet 23, 2015, 20:36
    • Merci 😉

      Pour les séries historiques, en fait elles sont toutes en classique, par principe (ce qui est potentiellement une erreur linguistique puisque j’ai appris que par le passé les peuples arabes avaient autant de dialectes qu’aujourd’hui). Il y a par exemple :
      – la série Balqîs (sur la reine de Saba)
      – la série sur l’époque arabe de l’Andalousie
      – la célèbre série sur Omar ibn al Khattab (il me semble qu’il existe plusieurs saisons …)
      – une série sur Antara (le poète pré-islamique, né d’une escalve noir et d’un père arabe, qui a dû faire ses preuves, montrer sa valeur)
      – une série sur un médecin arabe du Moyen-âge voyageant en Inde (j’ai cru comprendre qu’il y avait des éléments de « fantastique » dans celle-ci).

      Mais à ce niveau là, Youtube est votre meilleur ami : il suffit de taper « séries historiques » pour avoir tout ce qu’on veut !

      Pour ce qui est des émissions de plateau-télé, c’est une très bonne question ! C’est en fait très comparable aux cours à l’université : selon les profs, selon les facs, selon les pays, les cours peuvent être en pur arab littéral, et les élèves sont obligés de s’y tenir, ou alors des éléments de dialecte interviennent, voire même tout est dit en dialecte avec des éléments de littéral, mais le dialecte utilisé est alors un dialecte « soutenu » (« citadin ? »), compréhensible par tous, y compris les étrangers. En Jordanie mes cours se passaient comme ça, et les arabes d’autres nationalités présents (algériens, émiratis, etc) comprenaient sans problème.
      Pour les émissions, il se passe souvent la même chose : les débats politiques et autres sujets « sérieux » vont souvent se faire en classique, avec parfois du dialecte qui sort tout seul (ou alors la personne parle en classique mais avec un accent très reconnaissable, comme les égyptiens avec la lettre « jîm »). Tandis que les émissions divertissantes vont se faire en dialecte, mais de façon à ce que tout le monde le comprenne. J’avais ainsi vu un jour une émission de culture/musique sur Dubaï One avec quatre présentateurs de 4 pays arabes différents, mais ils se comprenaient tous, chacun parlant dans son dialecte « soutenu ».
      A noter que tous les documentaires étrangers sont traduits en arabe littéral, et pas mal de dessins animés aussi (sauf les Disney qui sont en dialecte égyptien).

      Cela va aussi dépendre de la chaîne de télé et du public visé pour chaque émission : une chaîne à vocation internationale comme Al-Jazeera va vraiment miser sur le classique et s’y tenir, même dans les débats vifs, langue commune à tous, tandis qu’une émission comme « Badriya » sur la MBC, donc le public visé est surtout un public du Golfe, la présentatrice parlera de ces sujets dans un dialecte, clair avec un peu de classique, mais un dialecte tout de même (en revanche les minireportages dans l’émission seront systématiquement en classique).

      J’espère que j’ai répondu à peu près à la question 😉

      Publié par Luisa Noor | juillet 27, 2015, 11:34
  2. Salut Luisa, je découvre à la fois un blog qui apporte beaucoup de réponses à mes questions et une personnalité impressionnante! Ta détermination est contagieuse 😉 Aurais-tu un email? Je t’ai ajouté sur Facebook, by the way!

    Publié par Loulou | juillet 26, 2015, 15:42
    • Salut !

      Pas de problème, et surtout, si tu as d’autres question n’hésite pas, ça peut me donner des idées d’articles pour le blog …

      Publié par Luisa Noor | juillet 27, 2015, 11:35
      • Salut Luisa!!
        je suis impressionné par tous les efforts que tu as déployés dans le seul but d’apprendre l’arabe ( et le Pashto aussi !). J’apprends moi aussi la langue arabe à l’aide de manuels du genre  » livres de Médine », et ça me réussit plutôt bien.
        J’ai lu pas mal d’articles de ton blog et ta persévérance et ton courage sont vraiment impressionnants.
        A quand un article sur l’Arabie saoudite? Ce pays a, comme tu le sais surement, mauvaise presse. Or, j’ai l’impression qu’il y a un « saudi-bashing » systématique en Occident lié au fait que ce pays ne vit pas selon les normes culturelles « autorisées » et que, surtout, il a les moyens de ne pas se soumettre à ces normes ( le pétrole ).
        Bonne continuation!

        Publié par omar | juillet 27, 2015, 15:06
      • Merci pour ton message !
        Je suis toujours contente de voir que mes gribouillis peuvent encourager les gens …

        Pour ce qui est de l’Arabie Saoudite, merci pour ta suggestion, le souci étant que si j’en fais un article, cela risque de se terminer en livre de 600 pages … C’est le pays arabe qui me fascine le plus et ce depuis des années. Je lis tout ce que je peux dessus depuis pas mal de temps (y compris en littérature, il y a des écrivains saoudiens très intéressants), et je suis tout à fait d’accord qu’il y a un certain « saudi-bashing » dans l’air, comme si c’était une règle tacite. Chose que l’on retrouve pour les autres pays du Golfe, et je partage ton analyse des causes.
        A ce sujet, j’étais allée un jour à une conférence sur le proche-orient et un professeur nous parlait de son pays de spécialité, l’Iran, en disant qu’il espérait voir un jour les médias traiter l’Iran avec autant d’égards et d’intérêt que l’Arabie Saoudite (qu’il a passé une grande partie de sa conférence à « basher »). Je suis la première à reconnaître que l’Iran a effectivement et injustement très mauvaise presse, alors que ce pays est un puit d’histoire et de culture, et que n’importe quel touriste « osant » y aller en revient parfaitement enchanté. Mais contrairement à lui, je n’ai jamais vu un seul média traiter l’Arabie Saoudite avec beaucoup plus de bienveillance que l’Iran … (Ces deux « grands ennemis » politiques ne savent pas à quel point ils sont interchangeables dans les médias français !)

        En tous cas au cours de mes études je n’ai que rarement rencontré de gens qui comprennent mon intérêt pour ces « parvenus, sans histoire, sans culture et pleins de fric ». Il y a pourtant bien des choses intéressantes là-bas, au delà des histoires dramatiques qui nous parviennent régulièrement … Alors pourquoi pas, je tenterai l’exercice d’un article là dessus ! (Et pourquoi pas proposer à d’autres arabisants, lecteurs du blog ou autres, de publier un article dans le blog sur leur pays de prédilection ?).

        Publié par Luisa Noor | juillet 28, 2015, 14:59
  3. C’est sur qu’en t’intéressant aux pays du Golf et aux Pachtounes ( vu que tu étudies le Pashto), tu n’as pas choisis les coins les plus « sympatoches » ( ou réputés comme tels) du Moyen-orient ( y a-t-il d’ailleurs un pays de cette région qui ait vraiment bonne presse au vu des guerres Israel-palestine, Daesh, al-Qaeda ?!…).
    Oui effectivement ça pourrait être intéressant de proposer aux lecteurs qui ont visité un pays du Moyen Orient d’écrire un article dessus.
    Tu as dit que tu as lu pas mal de livres sur l’Arabie et ça m’a fait penser au livre que je lis en ce moment, « L’orientalisme » d’Edward Said dans lequel il explique que les orientalistes se sont créés une image de l’Orient à partir des différents livres qu’ils avaient lus à ce sujet. Donc j’aimerais bien y aller un jour pour vérifier par moi même ( à Ryadh, Jeddah, La Mecque-Medine), pour voir ce qu’il en est ( notamment en ce qui concerne la « police religieuse » puisque, à entendre les « spécialistes » de l’A.S. et du « Wahhabisme » ( quand il s’agit de ces sujets tout le monde est spécialiste), les Saoudiens vivraient dans la peur et l’espoir qu’on vienne les en délivrer…
    Le cas de l’Iran est aussi intéressant puisqu’il est passé en quelques mois « d’axe du mal » à interlocuteur sérieux avec lequel on peut discuter…
    Bref, j’ai cru comprendre que tu étais en Jordanie? Passe un bon séjour et bonne continuation pou ton blog!

    Publié par omar | juillet 28, 2015, 17:47
    • Ah oui, « l’orientalisme » devrait être une lecture obligatoire dès la première année de fac de n’importe qui étudiant une langue « orientale » ! (Et tous les autres livres d’Edward Saïd sont bons de toutes façons).
      En tous cas de ce que j’ai compris de mes lectures, la fameuse police religieuse est plus ou moins présente selon les endroits … Et la société est elle assez divisée entre un courant conservateur et un courant libéral, césure qu’on retrouve dans des endroits inattendus (comme l’ancien chef de la police religieuse de la Mecque qui s’était prononcé en faveur de la mixité, et du coup n’a pas gardé son job très longtemps, mais c’est un signe intéressant).
      Article à venir donc …

      Je suis de retour en France et je suis entrain de réfléchir au meilleur moyen de repartir vers de nouveaux horizons, notamment dans le Golfe, côté arabe autant que côté persan, et je crois avoir une piste … Croisons les doigts pour que cela se concrétise !

      Publié par Luisa Noor | juillet 29, 2015, 18:32
  4. En fait je pense que chaque pays devrait avoir le droit de vivre selon ce qu’il considère comme étant ses valeurs. Donc si les Saoudiens sont satisfaits de leurs coutumes et valeurs, et c’est apparemment le cas sauf pour quelques minorités, on ne devrait pas leur imposer les valeurs occidentales comme si celles-ci étaient forcement partagées par tous ( on a vu d’ailleurs les ravages que l’exportation brutale de la démocratie a fait dans la région ces dernières années).
    Quoi qu’il en soit, j’attends avec impatience ton prochain article sur le Golf et l’Iran que tu auras visités!!
    مع السلام

    Publié par omar | juillet 30, 2015, 14:54
  5. Je réalise que je ne vous ai pas remercié pour votre réponse. Mea culpa ! Merci beaucoup.

    Publié par El Slimane | août 18, 2015, 11:24
  6. C’est passionnant !
    Ca me redonne envie de me remettre à apprendre la langue, tiens ! (En même temps, reprendre mon travail d’instit (dans lequel je suis très investie) avec 3 enfants de moins de 8 ans et avec 2h30 de trajet n’a pas vraiment aidée à rester assidue, mais le mi-temps se profile pour l’an prochain, donc…
    Ca fait 16 ans que j’essaie d’apprendre l’arabe, et malgré le peu de résultats, je n’ai jamais vraiment abandonné ce rêve. Si je pouvais apprendre juste assez pour pouvoir lire grossièrement un livre simple, je sais que ça serait presque gagné, car c’est comme ça que j’ai appris l’anglais, ça et les forums. Malheureusement, les forums en arabe, quand on est une femme, beaucoup confondent avec agence matrimoniale, donc c’est ennuyeux (dommage car les forums me motivent beaucoup !).
    Dès que je te lis, je suis motivée, c’est formidable, merci pour ça, et je te souhaite de pouvoir réaliser tes futurs projets !

    Publié par Cécile | février 24, 2016, 10:13
    • Contente de voir que j’arrive à transmettre ma motivation 😀
      Mais effectivement ta vie a l’air bien remplie … Ceci dit, l’important n’est pas tant la quantité de langue que la régularité : 10 min par jour, sous n’importe quelle forme (livre dans le métro, leçons en podcast, etc), et le tout progresse gentillement mais sûrement.
      C’était effectivement mon but premier, quand j’ai démarré l’arabe : pouvoir lire un roman (une de mes activités préférées dans la vie !). J’y suis arrivée au bout de 3 ans, et je me considère comme assez lente dans mon apprentissage. Je n’ai jamais pensé aux forums, ni pour l’anglais ni pour l’arabe, mais effectivement c’est une piste à creuser !

      Pour l’arabe le souci peut être qu’on trouvera autant de dialecte que de classique, selon les sujets … Et pour contrer le problème dont tu parles (la transformation en « meetic »), j’avais lu quelque part le tuyau d’une autre fille : elle s’inscrivait sur les forums comme jeune homme occidental intéressé par la dite langue (je ne sais plus si c’était arabe ou hindi ou autre). Je me suis toujours dit que j’allais m’amuser à ça le jour où j’aurai le temps (et où je saurai lâcher mes bouqins !).

      Mais je pense que selon les sujets, ils y a aussi des forums où les participants sont surtout des filles. Et il y a italki.com, où on peut trouver des profs ou partenaires de langue femme …

      En tous cas je ne peux que t’encourager à reprendre la langue, et je te souhaite tout le meilleur !

      Publié par Luisa Noor | février 27, 2016, 10:50

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