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Retour sur le « pourquoi »

Le pourquoi du « Pourquoi se met-on à apprendre une langue étrangère ? »

C’est un fait connu pour ceux qui me connaissent que j’adore apprendre des langues et que je n’ai pas assez de mes journées pour m’enivrer d’arabe, mais cette question me revient ces temps-ci alors que je bricole depuis quelques mois avec l’allemand, et que j’ai depuis deux semaines décidé de me (re)mettre au persan. Je m’étais brièvement mise à cette langue il y a quelques années avant de la laisser de côté par manque de temps et de motivation, mais pour une raison ou une autre, l’intérêt pour le persan est revenu avec insistance.

C’est justement cette « raison ou une autre » qui m’a donné envie d’écrire sur le pourquoi. Cela et cet article (en anglais) de l’excellent site de Donovan Nagel. (Qui a d’ailleurs co-fondé un site, Talk In Arabic, en partie payant, entièrement dédié à l’apprentissage des dialectes arabes, qui pourrait être de grand intérêt à quiconque maîtrise l’anglais). L’article est intéressant mais m’a posé question tout à la fois : l’auteur y explique pourquoi il aurait changé sa façon d’apprendre l’arabe s’il pouvait revenir en arrière. Il explique notamment qu’il faut se concentrer dès le début sur un dialecte, et laisser plus ou moins tomber l’arabe classique/standard (qu’il compare au latin dans d’autres articles de son site … Mais cette comparaison ne tient pas : l’arabe classique serait comme le latin pour nous si TOUT nos textes, livres, journaux et infos télé étaient encore en latin !). Bref, vous l’aurez deviné, sa position ne me plaît guère, mais tout revient finalement à cette question : pourquoi apprend-on une langue ?

Dans le cas de l’auteur sus-cité, son premier intérêt est et a toujours été de parler la langue avec d’autres personnes, et n’est guère intéressé par les livres ou tout ce qui peut être en arabe classique. Son pays préféré a été l’Egypte, donc il s’est mis à fond sur le dialecte égyptien. Apprendre l’arabe, pourquoi ? Pour parler avec n’importe qui dans la rue. Donc apprendre un dialecte. Quant à moi, mon intérêt avait été en premier totalement livresque, je ne comptais même pas voyager dans un pays arabe quand j’ai commencé ! Donc avoir commencé par du classique et rien d’autre était pour moi évident et sans problème. C’est quand j’ai commencé à voyager que j’ai compris qu’il fallait que je me mettre au dialectal.

(Donc en règle générale, je pense que le mieux est de commencer avec les deux : le classique et le dialecte, puisque se priver de l’un ou de l’autre n’est ni plus ni moins que se priver de la moitié de la langue et ses capacités de communication, et de la culture !)

Mais revenons au pourquoi :

C’est en partie ce pourquoi qui déterminera la puissance de motivation : si je ne veux faire que de lire dans une langue, apprendre avec des ressources orales sera poussif, et peu motivant. C’est ce qui m’arrive avec l’allemand : ma raison première était de pouvoir lire dans cette langue (entre autres les études faites sur le monde arabe dans le domaine académique). J’ai essayé pourtant, en mode « on s’y met à fond », d’utiliser des ressources orales. Mais j’ai très vite laissé tomber et je pensais que je n’étais tout simplement pas assez motivée … Fallait-il donc laisser tomber purement et simplement l’allemand ? Pas du tout. Je me suis simplement rendue compte que lire l’allemand me motivait toujours autant, notamment avec cet excellent site trilingue d’information sur le monde arabe, Qantara.

J’ai dû d’abord accepté que non, je n’avais pas le temps de faire de l’allemand à fond comme je l’ai fait pour l’arabe et l’anglais (et c’est dur, pour une perfectionniste-absolutiste dans mon genre, d’accepter de ne vouloir/viser qu’une connaissance partielle). Maîtriser l’allemand à l’écrit me suffit pour l’instant comme motivation. Si j’essaie de faire plus, ça m’ennuie très vite et me donne envie de tout arrêter. C’est le conseil que je donne en général à tous ceux qui me demandent : il ne faut faire que des choses qui nous plaisent, et passer outre celles qui nous ennuient, même si elles paraissent « incontournables ». Mais je n’avais jusqu’à maintenant envisagé cette technique que dans le but de maîtriser une langue totalement dans tous ces aspects, comme l’anglais et l’arabe : je veux pouvoir écrire, lire, parler, écouter et voyager avec ces deux-là.

Mais il ne faut faire que ce qui nous plaît aussi pour des buts plus modestes, et partiels. Donc bien cerner le « pourquoi » de l’apprentissage, pour savoir quoi choisir au niveau des ressources : si vous voulez surtout communiquer à l’oral, laissez vite tomber les livres. Ne gardez que les méthodes de bases qui donnent une idée de l’allure des mots et de l’alphabet, histoire de pouvoir déchiffrer les choses que l’on rencontre dans la vie de tous les jours. Au delà de ça, visez plutôt les méthodes avec vidéos et CD. Et ceci n’exclut bien sûr pas une évolution future : dans deux ans, vous voudrez peut-être vous mettre à lire des romans, et dans ce cas à ce moment là et à ce moment-là seulement, vous vous tournerez vers des ressources écrites.

Mais je me rends de nouveau compte, maintenant que je me retrouve en situation d’apprentissage débutant, qu’il ne faut pas avoir de but absolu si on veut rester motivé, mais bien cerner ce qui nous réjouit pour le moment. Au début avec l’anglais, le seul fait de pouvoir lire le Seigneur des Anneaux suffisait à mon bonheur. Avec l’arabe, pouvoir déchiffrer les étiquettes sur les produits en magasin, la méthode Assimil et le Coran. Je suis tellement « dans mon truc » que lorsque je parle aux gens, je semble avoir toujours eu cette idée totale, le but de maîtriser la langue complètement dès le début, et d’y être arrivée (et j’encourage tout le monde à avoir ce but dès le départ !), mais c’est faux. Faux parce qu’on ne maîtrise jamais vraiment tout, et faux parce qu’au début, mes buts étaient modestes et précis, rien de grandiose.

En tous cas, beaucoup de blabla pour rappeler que déterminer le pourquoi est fondamentalement lié à la motivation. Et donc au progrès avec difficultés minimum. Et ne pas se laisser impressioner par les conseils et recommandations qui nous entoure sur « ce qu’il faut faire » pour apprendre telle ou telle langue : ne faites que ce qui vous plaît, même si cela paraît bizarre ou bête (je dois mes progrès en 3ème année d’arabe à la traduction arabe de Harry Potter et rien d’autre !). Ne pas se laisser impressioner non plus par l’instinct perfectionniste comme le mien au ton de « Si de toutes façons ton but n’est pas de tout piger intégralement et d’être au top, alors ça ne sert à rien, ce n’est qu’une perte de temps, tu as d’autres choses à faire … » Au contraire. Si je ne sais que lire des textes académiques en allemand (et quelques romans) et les comprendre en grande partie, ça semblera stupide à beaucoup, mais j’en serais moi très contente.

Pour le persan, je n’ai pas encore clairement déterminé le pourquoi : je voudrais un peu tout, pouvoir comprendre les journaux et la télé, parler avec des gens, lire des livres … Avoir un niveau passable si je voyage prochainement en Iran. J’entends parler de l’Iran et du persan de tous les côtés (en cours de pashto, en dialectes du Golfe où un certains nombres de mots semblent directement venir du persan, aux infos, en littérature), et comme cette aire linguistique et culturelle constitue la moitié de la région qui m’intéresse en ce moment (les pays du Golfe), cela créé une certaine dynamique qui m’a poussé vers la méthode Assimil persan … Outre le fait que j’ai rencontré pendant mes études une fille d’origine iranienne qui ne ratait pas une occasion de se moquer de mon intérêt pour l’arabe et mon accent arabe involontaire lorsque je lisais des mots en arabe ou en pashto, en plus de quelques remarques racistes peu dignes d’une fille éduquée comme elle. Cette animosité sortie de nulle part (je ne connaissais pas du tout cette fille) m’a tellement surpris que ça a eu un effet inverse sur moi : cela a redoublé mon intérêt pour son pays d’origine ! J’essaie donc un peu toutes les ressources en persan qui me passent sous le nez pour voir ce qui me motive plus. Et surtout, j’essaierai de ne pas faire l’erreur d’il y a quelques années : m’attaquer au persan avec l’idée totalisante de vouloir maîtriser la langue sous tous ses aspects et en très peu de temps.

Le plus dur, je le sens, ne sera finalement pas de trouver des ressources sympa, mais sera d’organiser correctement mon temps libre, pour ne pas le passer à m’occuper dans les langues qui me sont devenues faciles (anglais et arabe) et où il y a pourtant toujours quelque chose à apprendre, mais à savoir réserver quelques plages horaires à de nouvelles langues. D’où l’intérêt d’un « pourquoi » précis et suffisament motivant pour sortir de sa « zone de comfort » comme le disent les anglais.

D’ailleurs et pour terminer, petit rappel : si vous êtes à un niveau intermédiaire ou avancé dans une langue donnée, et que vous avez l’impression de ne rien savoir et de ne pas avancer (parce que vous êtes dedans depuis longtemps, que vous traversez une phase « plateau » dans l’apprentissage, et que vous avez oublié comment vous étiez au début) : commencez une autre langue, cela vous change les idées, et lorsque vous revenez à votre première langue, vous réaliserez à quel point vous avez avancé et tout ce que vous savez déjà.

PS : Sur les suggestions d’un lecteur, je pense ouvrir une section dédiée aux pays des langues qui me motivent et qui vous motivent. On a tous un pays ou une région qui nous tient à coeur pour diverses raisons, et je propose à tout ce qui veulent d’entre vous d’écrire un article sur ce pays ou cette région, quel rôle il a eu dans votre apprentissage de la langue ou du dialecte qui vous intéresse, pour le faire découvrir à d’autres, au delà des clichés, ainsi que donner des idées et de la motivation à ceux qui sont eux aussi intéressés par ce pays ! Et je mettrai ces articles dans cette section à venir, avec votre nom ou pseudo et une brève bio. Laissez un commentaire ci dessous si ce projet vous intéresse ! (Si cela n’intéresse personne, je tenterai autre chose 😉 )

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À propos de Luisa Noor

Graduate Student, Middle East fan ( yes, it does exist, and it's not even a sickness ), languages fan, traveller, future social anthropologist/ film-maker/ writer ... Etudiante, fan du moyen orient ( ben oui, ça existe aussi ), fan de langues, voyageuse, future anthropologue / réalisatrice / écrivain ...

Discussion

9 réflexions sur “Retour sur le « pourquoi »

  1. Je n’ose pas regarder ce lien qui recommande d’apprendre un dialecte avant le littéral car je fais vraiment le contraire ! Pour l’instant cela marche pour moi (un an d’étude avec au moins un quart d’heure par jour) mais je brûle de commencer un dialecte. Ma prof ne me le recommande pas en me disant que c’est débuter une autre langue. Et comme vous mon foutu côté perfectionniste absolutiste veut tout maîtriser au lieu de fonctionner par paliers et objectifs réalistes. Mon autre problème, toujours lié à mon caractère absolutiste, est que je veux étudier tous les dialectes…

    Excellent projet ! Si je puis vous soumettre une idée complémentaire pourquoi pas un petit forum divisé par pays avec des sections culture, langues, littérature etc?

    Publié par El Slimane | août 21, 2015, 14:42
  2. Bienvenue au club !
    Et comme d’habitude, faites ce qui vous plaît, dans la mesure du possible … De mon point de vue, un an d’arabe classique est suffisant pour s’attaquer à un dialecte sans trop de dégâts, surtout si on étudie les deux de façon complémentaire. J’ai déjà entendu des gens présenter le classique et le dialecte comme deux langues différentes, mais ça ne justifie pas pour moi la séparation : ce sont les deux faces d’une même pièce, dont les utilisations sont différentes.
    C’est comme si un étranger venait à Marseille et qu’on lui dise de n’apprendre que le français standard pendant quelques années et de laisser tomber le patois marseillais parce que c’est une autre langue. Si on ne vit pas à Marseille, effectivement on a peut être pas besoin de le savoir … Mais si on s’intéresse à une ville ou région particulière avec une « langue » parlée locale, qu’on veut regarder des émissions produites là bas … Alors si, il faut aussi étudier cette langue locale !
    De mon expérience, j’avais voyagé dans le monde arabe 6 mois seulement après avoir commencé mon auto-apprentissage, et je m’étais dépêchée d’acheter des méthodes de dialecte. Et vu que l’utilisation du classique et du dialecte étaient différentes, cela ne m’a jamais posé de problème. L’un pour lire, écrire, et communiquer dans certaines occasions, l’autre pour parler avec les gens dans la rue. Et c’est même intéressant de voir toutes les connexions entre le dialecte et le classique, ce qui me fait dire que j’ai du mal à voir ça comme deux langues séparées.

    Pour ce qui est du perfectionnisme, je n’ai pas tellement de solution, sinon que d’essayer de l’empêcher de ruiner ma motivation ! Sélectionnez si possible un dialecte qui vous fait plus envie que les autres en ce moment … Et une fois qu’il est à peu près bon, passez à un autre. Moi aussi idéalement je voudrais tous les comprendre, mais j’ai peur qu’une vie ne suffise pas.

    Et pour le forum, je suis tout à fait pour, mais je n’ai aucune idée de comment installer un forum sur un site, il faut que je me renseigne …

    Publié par Luisa Noor | août 22, 2015, 09:23
  3. Bonjour,

    Ce serait une très bonne idée de consacrer des parties de votre blog à des pays, ce serait bien aussi de pouvoir avoir un aperçu des différents dialectes d’une langue.
    Quand vous avez lu Harry Potter en troisième année d’arabe, comment l’avez-vous lu ? En lisant la version anglaise en parallèle ?

    Publié par Alice | octobre 26, 2015, 20:47
    • Bonjour !

      Désolée pour la réponse tardive … Oui je vais essayer de mettre une rubrique « pays », et inviter ceux qui sont intéressés à raconter leur expérience avec ce pays et la langue correspondante. Il est vrai que l’arabe mériterait un article à lui tout seul concernant ses dialectes … A voir !

      Pour Harry Potter, j’avais lu la version anglaise peu de temps auparavant, donc j’avais encore toute l’histoire en tête, et j’ai lu la version arabe toute seule en soulignant les mots que je ne connaissais pas (pour les regarder ensuite le soir dans le dictionnaire). Mais avant ça, j’avais lu plusieurs livres en arabe avec la version française à côté, c’était plus simple que le dictionnaire, même si celui-ci était toujours avec moi (au début j’avais vraiment du mal à laisser passer un mot inconnu, quitte à ralentir considérablement la lecture, mais ce n’est pas forcément une bonne technique).
      Le principal c’est de trouver la bonne dose, entre prendre du plaisir à lire l’histoire et comprendre le maximum : s’arrêter à chaque mot inconnu finit pas dégoûter tellement la lecture est lente, et lire le livre en ne comprenant que les grandes lignes peut aussi être ennuyeux pour aime le détail … Comme dans tout, il faut arriver à viser le juste milieu !

      Publié par Luisa Noor | octobre 31, 2015, 20:06
  4. Bonjour !

    Merci pour votre réponse (et tant pis pour le retard). Pour en revenir aux dialectes, je suis un peu surprise qu’ils soient parfois considérés comme étant « une autre langue » et je trouve que votre parallèle avec le français tel qu’il est parlé dans les régions de France est intéressant. Si on apprend l’arabe standard moderne et que l’on a l’occasion d’entendre parler des arabophones entre eux, on commence déjà à se familiariser avec l’un ou l’autre dialecte.

    Je comprends ce que vous voulez dire par rapport à l’utilisation du dictionnaire pour la lecture d’un livre dans une langue étrangère. En cherchant trop de mots, on risque aussi de perdre le fil de l’histoire et je ne suis pas sûre que l’on puisse retenir davantage de nouveaux mots de cette manière.

    Publié par Alice | novembre 2, 2015, 17:16
    • Oui c’est un débat qui dure … On entend surtout dire « l’arabe est une langue diglossique (une forme écrite et une autre forme parlée), ou est composé de plusieurs arabes » mais à moins qu’on en dise cela de l’allemand, de l’italien, du chinois, etc, je ne vois pas pourquoi l’arabe aurait cette particularité.
      C’est sûr que le patois de ma grand mère me paraît parfois être une langue tout à fait différente, et linguistiquement peut-être qu’il l’est, mais le fait qu’elle l’utilise à l’oral dans un contexte français (JT en français standard, livres en français standard) me fait penser que dans l’utilisation c’est une même langue, avec divers degrés. Si on veut être fonctionnel dans tel ou tel pays, autant se familiariser tous les degrés !

      Et oui le principal dans la lecture c’est de garder le fil de l’histoire, quitte à zapper les détails. La motivation avant tout ! C’est elle qui fait retenir les mots plus facilement …

      Publié par Luisa Noor | novembre 3, 2015, 11:06
  5. Je suis d’accord avec vous pour la motivation, elle est indispensable, la patience aussi pour progresser avec régularité afin d’avoir les connaissances nécessaires pour commencer à apprendre en regardant la télévision (en arabe standard) et en lisant les nouvelles de la collection Langues pour tous.

    Publié par Alice | novembre 7, 2015, 21:40
  6. Bonjour Luisa,

    Tu es devenu une formidable source d’inspiration et d’admiration depuis que j’ai decouvert ce blog il y a une semaine.
    Cela fait un an que je me suis mis a l’arabe et je suis tombe sur ton blog en cherchant une nouvelle methode d’apprentissage.
    Je t’avoue que l’article qui m’a le plus marque concerne ta vision sur la condition humaine des profs syriens que tu as rencontre a Beyrouth et le manque de clairvoyance de certains de leurs eleves. Je constate malheureusement le meme phenomene dans a peu pres tous les milieux sociaux et situations personnelles/professionelles: le manque de recul face a une situation donnee.
    La partie temoignage de ton blog est toujours en construction, j’aurai voulu laisser mon histoire personnelle vis-a-vis du declic qui m’a pousse a m’y mettre serieusement.
    Je suis impatient de lire de nouveaux articles.

    Cordialement,

    Publié par Adnan El Muta3allim | juillet 13, 2016, 13:27
    • Merci pour ton commentaire ! Effectivement c’est toujours le côté humain qui marque, même pour les gens comme moi qui commencent à apprendre des langues en vue de s’enterrer dans les livres. C’est en général, finalement, simplement un moyen d’accès à une autre culture, et donc, des gens et leur réalité … Qui est parfois bien différente de la sienne.
      Je t’envoie par mail mon questionnaire … Ravie que cela intéresse quelqu’un !
      Cordialement,

      Publié par Luisa Noor | juillet 16, 2016, 16:31

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