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Anglais et Grec – par Marguerite

Décris moi brièvement ton profil : ce que tu fais dans la vie, ce qui t’intéresses, d’où tu viens … :

Je viens de Franche-Comté, dans l’est de la France, et je poursuis en master 2 de journalisme bilingue anglais-français, après avoir fait une licence de sociologie et un master recherche d’études internationales en anglais à Paris. Mes parents sont musiciens, et moi et mes frères et sœurs avons tous fait de la musique depuis notre enfance – ce qui nous a aidé pour l’apprentissage des langues, je pense. J’aime voyager, ne pas parler français (tiens donc), jouer de la musique, regarder Game of Thrones, The Walking Dead, House of Cards…

Quelle(s) langue(s) as-tu appris(es) ? Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à apprendre cette ou ces langue(s) ?

J’ai appris l’anglais depuis petite, à l’école comme tout le monde, et l’espagnol en plus à partir du collège. Mais l’anglais est naturellement resté plus facilement, puisqu’il est beaucoup plus utilisé dans la vie de tous les jours (merci hégémonie américaine – j’adorais regarder Friends tous les midis en rentrant des cours, c’était une sacré bonne école). Pour l’espagnol, je l’ai choisi parce que je trouvais ça plus joli que l’allemand, qui était le seul autre choix à l’époque.

A la fac, j’ai pris, en «  option  », grec moderne et italien, que j’ai donc étudié pendant ma licence. J’ai voulu apprendre l’italien puisque, car mon père a beau être italien, il ne nous a jamais appris cette langue – on le lui a toujours reproché (gentiment – mais bon) d’ailleurs  ! Pour le grec moderne, cela venait d’un grand intérêt pour la mythologie grecque qui était née quelques années plus tôt. Quand je suis arrivée à la fac, il y avait aussi la possibilité de choisir grec ancien, mais je me suis dit «  quitte à apprendre une langue, autant qu’elle me serve  », mon but n’étant pas d’aller dénicher des vieux livres anciens (quoique, j’aimerais bien).
Et quelle est ta préférée, s’il y en a une ?

J’aime beaucoup l’anglais car c’est de loin la langue que je maîtrise le mieux, et mon copain étant américain, c’est en anglais que je converse avec lui. Mais je pense avoir un lien un peu différent avec la langue grecque, un peu plus viscéral. Mais c’est lié au pays aussi… C’est-à-dire que je ressens ce grand attachement à la Grèce, mais aussi à l’Irlande, où ils parlent anglais. Je n’ai pas le même sentiment de «  viscéralité  » avec les Etats-Unis, qui m’a marquée mais différemment… Mais je vais choisir le grec comme langue préférée quand même.
Qu’est-ce qui t’intéresses le plus dans cette langue ? (que cela soit au niveau de la grammaire, de l’histoire, ou autre …)

C’est un peu un mix de tout cela… La grammaire, en soi, est intéressante avec tous ces «  cas  » à l’allemande, etc (intéressante mais fastidieuse au début, certes). Je connais mal l’histoire de la langue en tant que telle. En cours de grammaire par contre, il est vrai que l’on apprenait d’où, dans le grec ancien, venaient certains mots du grec moderne, leurs liens et évolutions, pourquoi on disait ça plutôt que ça… Bref la grammaire quoi.
Mais, ce que j’aime beaucoup aussi, c’est sa sonorité, et comme c’est agréable de le parler  ! Ce n’est pourtant pas tout fluide et coulant comme l’italien, mais j’aime beaucoup le rythme qu’elle a.

Dans quel(s) pays et région du monde est parlée cette langue ?

En Grèce et c’est tout, je crois bien… Enfin, non  ! Dans certains villages turcs aussi – comme cet article assez fascinant de la BBC, qui parle d’un village turc où l’on parle encore le grec ancien. J’aimerais vraiment pouvoir aller là (même si, oui, je ne parle que le grec moderne haha – victime de mon propre choix!).

Qu’est-ce que tu as découvert ou appris grâce à l’apprentissage de cette langue ?

L’histoire de la Grèce et la Grèce antique, pour commencer  ! Maintenant, dès que je peux, je blâme les romains pour avoir tout piqué à la Grèce. Non mais c’est vrai, ils ont récupéré les dieux grecs et les ont tous renommé à leur sauce – la planète Jupiter devrait s’appeler Zeus, plutôt  !

As-tu une anecdote lié à ton apprentissage de la langue, et/ou à un voyage que tu aurais fait grâce à elle ?

J’ai trouvé très mignon qu’en Grèce, on appelle communément (du moins, selon les dires de ma propriétaire grecque) les pigeons des «  dix-huit  », car on dirait que quand ils roucoulent, ils disent ce nombre – qui en grec se dit à peu près «  théka-ochto  », avec un «  th  » léger à l’anglaise.

Les voyages : As-tu déjà voyagé dans le(s) pays parlant cette langue ?

Oui, j’ai passé 9 mois en Grèce en tant qu’étudiante Erasmus, à Thessalonique, la deuxième ville de Grèce.

Si oui : Avant d’y aller, qu’est-ce qui t’attirait particulièrement dans ce pays ? Qu’est-ce qui t’inquiétait ?

J’étais surtout restée à la mythologie grecque, puis je savais que c’était une culture un peu méditérranéenne, mais pas beaucoup plus. En fait, je ne voulais même pas aller en Erasmus en Grèce, au départ… J’étais, à cette époque, surtout branchée Angleterre, mais j’avais demandé la Grèce car je savais que j’étais la seule de ma classe a vouloir aller là, donc j’étais sûre d’être prise  ! Mais je me rappelle l’anxiété, je ne voulais vraiment pas, j’ai rarement été aussi mal avant de partir quelque part – et ne pas jubiler lorsque l’avion atterrit  !

Après y avoir été, en quoi son expérience a changé tes suppositions ?

C’est vraiment de vivre là-bas – longtemps – qui a changé ce point de vue. Les premiers mois n’étaient encore pas suffisants, d’ailleurs. Quand je suis rentrée à Noël chez mes parents, puis suis repartie, je n’avais encore pas non plus cette jubilation de revenir, je n’avais pas spécialement envie de revenir, d’ailleurs. Et puis à la fin de l’année, c’était complètement l’inverse, une vraie madeleine à l’aéroport pour retourner en France  !
Je ne sais pas ce qui m’a bouleversé… Car je pense que le côté Erasmus était important, bien sûr, et encore aujourd’hui je regrette ne pas avoir autant «  percé  » dans la culture grecque. Mais j’ai réussi quand même à aller chez une amie grecque, avec une amie française, pour fêter la Pâque grecque. C’était, je crois, une expérience vraiment super, car là, immergée dans la famille grecque de mon amie, j’ai vu que je pouvais converser un minimum avec eux, et on me disait que j’avais un très bon accent, ce qui a gonflé un peu ma fierté aussi (j’ai tellement d’ego là-dessus… Quelque soit la langue, si on me dit qu’on entend un peu mon accent, ça me vexe tellement, mais tellement, car j’ai l’habitude qu’on me dise l’inverse  ! Hahaha).
Puis, bon, c’est cliché mais  : le soleil, la super nourriture, les paysages magnifiques, et les gens sympas (pas dur hors de France), c’était super. Mais, surtout, de pouvoir me dire que j’étais en Grèce et que c’était un peu ce lien direct avec la Grèce antique que j’adorais, c’était génial. De se balader en ville, et en plein milieu, d’avoir des vestiges de ces temps-là comme ça, à la vue de tous, c’était magnifique. Laissez-moi dans un parc avec des ruines antiques, comme à Delphes, et je suis heureuse  !

As-tu déjà vécu des “chocs culturels” ?

Je me doute avoir été déboussolée, surtout tout au début, pour autant je ne saurais pas dire ce qui m’a vraiment «  choquée  »… Quelque chose que j’aimais bien, était de sortir le soir vraiment tard  : en France, on se donne rendez-vous entre 20 et 21h pour sortir manger puis éventuellement danser. Là-bas, c’était le rendez-vous à minuit  ! Ca laissait une soirée pour faire ce qu’on voulait avant de sortir, je trouvais ça super bien comme rythme.
Pâque était très sympa aussi, avec réunion de famille comme en France, mais pas aussi austère  : il y a de la musique, on danse… Ca, c’est quelque chose que j’avais noté aussi  : la façon dont même les jeunes de notre âge connaissaient les danses traditionnelles. En France, à part en Bretagne peut-être, nous n’avons pas de telles danses – en tous cas, elles sont tombées aux oubliettes  !

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